Covid-19 : Indochine à Bercy pour un concert-test

Covid-19 : Indochine à Bercy pour un concert-test
Nicola Sirkis, le leader d'Indochine, sur scène à Paris, le 10 décembre 2018.

publié le samedi 29 mai 2021 à 12h05

5.000 personnes, parmi lesquelles le ministre de la Santé Olivier Véran, sont attendues samedi soir à l'AccorHotels Arena pour assister à un concert-test. Un espoir pour tout le milieu, à l'arrêt depuis mars 2020. 

"C'est le partage du bonheur, du plaisir.

Cette sensation qu'on vit quelque chose tous ensemble". A deux jours de l'événement, Marjorie Vandervaeren ne cachait pas son enthousiasme auprès de l'AFP. La trentenaire fait en effet partie des 5.000 volontaires qui va assister samedi 29 mai au premier concert depuis mars 2020 et le début de la crise du Covid-19 en France. Au programme de ce premier concert-test qui va avoir lieu à Bercy, à Paris : Indochine et le DJ Etienne de Crécy en première partie.


Plusieurs politiques feront le déplacement, dont le ministre de la Santé Olivier Véran, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et la maire de Paris Anne Hidalgo. La ministre de la culture Roselyne Bachelot a prévu de visiter le dispositif, sans assister au concert.
Comment va se dérouler la soirée ?

Le concert va commencer à 17H avec Etienne de Crécy, avant Indochine à 18H, couvre-feu oblige. Le volet scientifique est assuré par l'AP-HP. Avec pour hypothèse de base que "le fait d'être dépisté avant le concert suffit à limiter la transmission", résume Constance Delaugerre, professeure de virologie à l'hôpital Saint-Louis et coordinatrice de l'étude, dont de premiers résultats sont attendus fin juin.

L'étude sera menée sur deux populations : d'un côté, 5.000 spectateurs testés négatifs parmi des 18-45 ans, sans facteurs de risque de formes graves, danseront sur "L'aventurier", avec masque chirurgical, mais dans la fosse et sans distanciation physique ; de l'autre côté, 2.500 participants seront invités à rester chez eux. Tous les volontaires ont été jusqu'à vendredi convoqués pour un premier test antigénique à Bercy, où leur ont été remis deux enveloppes pour des tests salivaires le jour J et une semaine plus tard.

L'expérimentation a aussi pour but de tester l'inclusion du test négatif dans l'application "TousAntiCovid", une préfiguration du futur pass sanitaire. Enfin, des caméras doivent permettre de mesurer tout au long du concert si le masque est bien porté ou s'il y a un relâchement, mais pas pour viser tel ou tel spectateur, assurent les organisateurs.

"Notre hypothèse, c'est que le nombre de positifs sera proche dans les deux populations et donc la reprise des concerts sans distanciation pourrait être mise en place, avec un protocole de testing en amont et en ne laissant entrer que des gens testés négatifs, le temps que la vaccination soit suffisamment élevée", explique Constance Delaugerre, qui prévient : "à la fin de l'été, on aura atteint un grand nombre de personnes vaccinées, mais pas l'immunité collective".

Le budget de l'opération s'élève à 1,4 million d'euros, financés par des fonds publics et privés, dont 900.000 pour la partie scientifique et environ 500.000 pour la production. Pour l'occasion, Indochine se produit gratuitement.

Un enjeu crucial

Pour le live, l'enjeu est crucial. Car derrière la reprise du 19 mai et le feu vert aux spectacles assis, "il y a toute une partie du secteur qui est à l'arrêt depuis le 20 mars 2020, ce sont les concerts debout, peu importe le niveau de la jauge", explique Malika Seguineau, directrice générale du Syndicat du spectacle musical et de variété (Prodiss), qui porte le projet avec l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) et le soutien du gouvernement. "On nous dit qu'après le 30 juin, on pourra recommencer à reprogrammer des festivals debout, mais avec une contrainte très forte, une personne tous les 4 m2. Ca veut dire diviser la jauge par 12. Pour un secteur qui vit de la billetterie, c'est intenable", ajoute-t-elle.

Même s'il arrive tard, après plusieurs reports, et des expérimentations similaires en Espagne ou au Royaume-Uni, le but reste "de construire un protocole sanitaire pour une reprise à l'automne", explique Malika Seguineau.

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