Corée du Sud: un festival de K-pop réunit des artistes venus du monde entier

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Des concurrents canadiens se produisent le 11 octobre 2019 au festival international de K-pop de Changwon
Des concurrents canadiens se produisent le 11 octobre 2019 au festival international de K-pop de Changwon
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© AFP, Ed JONES

AFP, publié le mercredi 16 octobre 2019 à 13h39

Ils sont venus de Madagascar, du Koweit et de Cuba... et ils ont chanté ou dansé les plus célèbres tubes de la Korean pop, sous les yeux de milliers de fans assistant au festival international de K-pop à Changwon, en Corée du Sud.

Cet événement est une formidable vitrine pour le gouvernement sud-coréen qui soutient activement la K-pop comme un produit d'exportation, en dépit des drames qui touchent régulièrement des stars de cette industrie hypercompétitive (suicides, harcèlement...) 

Cette année, le festival a accueilli sept jeunes Cubains qui ont passé sept mois à s'entraîner à danser la la pop sud-coréenne dans les rues, les parcs et les garages avec un seul rêve: être sur le devant de la scène à l'occasion du festival de Changwon. 

Le gouvernement cubain est pourtant l'un des rares alliés de la Corée du Nord mais l'artiste havanais, Neil Marriot Karel Rodriguez Diaz, aux manières et à la coiffure d'une star de la K-pop, est plus motivé par le rythme effréné et les chorégraphies endiablées que par les questions géo-politiques.

"Nous n'avons jamais eu aucun miroir dans les endroits où nous nous sommes entraînés et nous n'avons pas eu de chorégraphe pour nous apprendre les pas", explique-t-il. 

"Nous sommes très heureux de représenter non seulement Cuba, mais aussi toute l'Amérique latine", se félicite son co-équipier Elio Gonzalez.

Selon les organisateurs, quelque 6.400 équipes venant de plus de 80 pays ont participé à la compétition.

Treize équipes en provenance de pays aussi différents que le Koweït et la Madagascar sont arrivés en finale, où ils se sont présentés sur scène en brandissant leur drapeau national.

- "Comme les JO" -

"C'est comme regarder les Jeux Olympiques, des Jeux Olympiques K-pop", s'est enthousiasmée Lia, animatrice de l'événement et membre du groupe K-pop ITZY. 

La K-pop ainsi que les soap opéras "K-dramas" sont les deux produits culturels phares de la Corée du Sud qui ont rencontré un grand succès à l'étranger.

La vague culturelle  coréenne qui a conquis  l'Asie au cours des vingt dernières année, notamment grâce à ses vedettes et l'industrie de de la K-pop, est estimée à 5 milliards de dollars. 

Aujourd'hui, c'est le boys band qui est adulé dans le monde entier.

Le gouvernement sud-coréen a financé un grand nombre d'événements de K-pop, et en fait un outil de "softpower",  explique CedarBough Saeji, professeur invitée à l'Université d'Indiana Bloomington aux Etats-Unis.

Les danseurs qui reprennent aujourd'hui les chorégraphies méticuleusement orchestrées "seront des diplomates, des journalistes et des chefs d'entreprise dans quarante ans".

"Et j'espère qu'ils auront encore un faible pour la Corée. La Corée ne peut pas conquérir le monde grâce à sa puissance militaire et économique, mais en utilisant un mode de conquête doux même un petit pays comme la Corée a une chance", estime cette professeur. 

Cette musique offre, selon elle, une alternative à l'industrie musicale occidentale, et notamment américaine, qui a longtemps dominé le marché mondial.

- Un sentiment de libération -

Les fans viennent notamment de pays en voie de développement, souligne CedarBough Saeji, et voir qu'une culture autre qu'américaine a du succès "leur permet d'espérer que leurs propres pays pourront connaître un succès similaire dans l'avenir".

Mais derrière les paillettes, se cache une image moins glamour. Le monde de la K-pop est connu pour être hyper compétitif, les vedettes n'ont plus de vie intime et subissent une pression constante afin d'offrir une image de gens propres sur eux.

Sulli, 25 ans, ancienne membre du groupe de K-pop f(x), l'un des plus connus de la pop sud-coréenne, a été retrouvée sans vie lundi à son domicile.

La jeune femme était connue pour son engagement pour les droits des femmes et avait été la cible d'une campagne d'insultes et de harcèlement sur les réseaux sociaux.

"Je pense qu'une industrie qui fait de l'argent en faisant chanter, danser, subir de la chirurgies esthétique et suivre un régime pour plaire aux autres devrait vraiment faire faillite" a réagi sur internet un Sud-Coréen après la mort de Sulli. 

Mais pour Kenny Pham, finaliste américain au concours de la semaine dernière, c'est la diversité de K-pop qui lui donne un sentiment de libération. 

"J'ai l'impression que cela permet de montrer sa passion pour la musique, la danse ou la mode. Personne ne te dénigre pour ce que tu aimes", a expliqué le jeune homme de 19 ans à l'AFP.

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