"Cauchemar de Séville", le match France-RFA rejoué, mais au théâtre

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Le défenseur français Patrick Battiston évacué après un choc violent avec le gardien allemand Harald Schumacher, le 8 juillet 1982 à Séville
Le défenseur français Patrick Battiston évacué après un choc violent avec le gardien allemand Harald Schumacher, le 8 juillet 1982 à Séville
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AFP, publié le jeudi 31 mai 2018 à 17h13

L'agression de Schumacher sur Battiston, la prolongation à rebondissements, le penalty raté de Bossis... Quatorze acteurs amateurs vont se glisser samedi dans la peau des Bleus de 1982 pour rejouer le mythique France-RFA de Séville, le tout sans ballon, arbitre ni adversaires.

"La sortie de Battiston sur une civière, la faute de l'arbitre, les tirs au but,(...) Séville 82 est d'une intensité dramatique fabuleuse", explique à l'AFP Massimo Furlan, le metteur en scène suisse du "Cauchemar de Séville", projet initié avec le théâtre de l'Avant-Scène à Colombes, qui sera joué dans le stade de cette ville proche de Paris.

La demi-finale du Mondial 1982 à Séville, entre la France à la République fédérale allemande, a marqué l'histoire du football français. Espoir, suspense, injustice et drame, il se termine par la défaite des Bleus aux tirs au but et a "traumatisé tout une génération".

Samedi soir, sur un véritable terrain de football, 14 acteurs amateurs vont revêtir le maillot de Platini, Battiston, Giresse et les autres.

"Ils vont incarner ces figures héroïques au plus juste dans leurs déplacements, dans leurs gestes, dans leur mouvement collectif tout ça sans ballon, avec des joueurs adverses qui sont des fantômes", explique le metteur en scène au projet un brin surréaliste, qui avait 16 ans le 8 juillet 1982.

Cent vingt minutes minutes durant lesquelles Frédéric Bonvoisin, 46 ans, professeur de mathématiques à Clichy, incarnera Michel Platini, aidé d'une oreillette qui lui soufflera ses déplacements.

"On s'entraîne aussi physiquement depuis le début de l'année pour pouvoir tenir ces deux heures", raconte à l'AFP, celui qui, petit, "rejouait sans fin les matchs dans sa chambre".

Tout comme Massimo Furlan, qui se dit "ancien champion du monde de football de chambre", et qui travaille depuis le début de sa carrière de metteur en scène sur la question des souvenirs d'enfance, de la mémoire collective et de l'imaginaire.  

Dans les gradins, installés au milieu du public, Hervé Mathoux et Stéphane Guy, les journalistes sportifs de Canal +, seront les seuls à voir la vidéo du match sur un moniteur, et la commenteront en direct. Pour les spectateurs de ce match fantôme, munis de transistors.

"Ce match a tout ce qu'un tragédien pourrait imaginer, (...) on passe du non espoir au début, à l'espoir fou et la joie intense, et puis à la cruauté du destin qui revient, et nous rappelle qu'on est que des loosers magnifiques", s'enthousiasme Hervé Mathoux, qui se réjouit de pouvoir revivre "cet incroyable moment de l'histoire". Même si la préparation est assez particulière: "J'ai dû recalculer le nombre de sélections qu'avait chaque joueur au moment de jouer ce match!"

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