Catalogne: une "triple gifle" pour Rajoy, selon la presse

Catalogne: une "triple gifle" pour Rajoy, selon la presse

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy donne une conférence de presse à Madrid, le 22 décembre 2017

AFP, publié le samedi 23 décembre 2017 à 07h38

Comme en 2015, les trois listes indépendantistes ont obtenu jeudi une majorité absolue en sièges au parlement régional de Catalogne, une "triple gifle" infligée à Mariano Rajoy, souligne la presse française, son parti, le Parti populaire (PP) ne conservant que trois sièges.

"Le scrutin régional a remis en selle les indépendantistes avec lesquels le président du gouvernement refuse de dialoguer", assure Le Figaro qui juge que "c'est une triple gifle qu'a reçue le gouvernement espagnol en ouvrant les urnes des élections catalanes."

Divisés, les indépendantistes ont néanmoins la majorité des sièges, mais les unionistes de Ciudadanos obtiennent 37 sièges avec le plus grand nombre de voix, troisième camouflet pour Rajoy dont le PP ne peut conserver un groupe au Parlement.

Libération résume la situation en titrant "Pour Rajoy, le problème catalan reste entier" en évoquant également "la triple gifle" reçue par le chef de gouvernement espagnol.

"Mariano Rajoy visait à provoquer un sursaut "unioniste" parmi la majorité silencieuse. Pari perdu", pense Daniel Muraz du Courrier picard qui ajoute que c'est à lui "de prendre acte du résultat et de s'efforcer, au moins, d'éviter d'accentuer la crise."

"Le grand battu du scrutin doit réviser ses batteries", affirme également Jean-Louis Hervois dans La Charente Libre.

"Incontestablement, c'est le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui se retrouve désavoué", trouve également Jean Levallois (La Presse de la Manche).

"Le grand manège catalan est revenu à la case départ. Celle qu'il avait quittée en septembre dernier, infligeant au passage une retentissante claque à Mariano Rajoy, gifle que ce dernier avait bien cherchée", analyse Yves Harté de Sud-Ouest, qui affirme que "toute sa stratégie a été un fiasco." 

"Pendant que Puigdemont use de son tremplin européen pour parader et prend à témoin l'opinion internationale, le chef du gouvernement espagnol ne change pas une stratégie qui perd", regrette Didier Rose, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Dans La Nouvelle République du Centre ouest, Denis Daumin se demande "à quelle autorité peut encore prétendre Mariano Rajoy, dont le parti essoufflé vient d'être proprement congédié à Barcelone ?"

"Connu pour son attentisme, M. Rajoy va devoir forcer sa nature et faire des propositions à Barcelone. C'est le sens du scrutin du 21 décembre. C'est aussi le sens de l'Histoire," avance Le Monde.

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77 commentaires - Catalogne: une "triple gifle" pour Rajoy, selon la presse
  • Une belle baffe amplement méritée pour ce clone de franco....!!!

  • L' ESPAGNE ET LA FRANCE bonnet blanc et blanc bonnet !

  • Mariano Rajoy se retrouve embourbé dans la gadoue qu’il a créée. De l’intransigeance de sa part, un déni de démocratie, un refus de la réalité politique en Catalogne, un refus de dialogue : sa seule réponse apportée a été juridique et policière dans la répression.
    Avec sa culture franquiste, il a donné l’occasion à une partie du peuple catalan de lui administrer une « triple gifle » : 4,22% des voix et 4 élus pour le PP (qui n’a jamais été populaire en Catalogne) et de marteler de nouveau son désir d’indépendance.
    Après la répression lors du référendum, il était inconcevable de voir les Catalans accorder une majorité au parti de Rajoy.
    Mariano Rajoy et le Parti populaire, ont voulu renvoyer les indépendantistes à leurs rêves : ils ont donc perdu.
    De compliquée la situation en Catalogne risque de devenir très compliquée ...

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Oh ! c'est bien plus complexe que vous le croyez, Nazca... en lisant à moins courte vue, on comprend que Rajoy n'a pas agit contre les indépendantistes, bien au contraire : en convoquant de nouvelles élections, il a donné une légitimité à un scrutin qui antérieurement s'était déroulé dans l'illégalité ! Rajoy ou plus exactement ceux dont il est l'otage depuis plusieurs années... Et maintenant, il va se passer quoi ? à voir tous nos socialistes français en déroute se mêler de ce qui ne les regarde pas, je songe à 1936 et à tous ceux qui, prétendant aider les Républicains (gouvernement élu), ont livré l'Espagne aux pires fascistes : ceux qui avaient dans l'ombre le soutien des USA... il se pourrait bien qu'après avoir applaudit la Catalogne, bien des Européens s'en bouffent les doigts, quand leur tour viendra.. je ne vous explique pas pourquoi, vous trouverez bien !

    Un sérieux camouflet pour Mariano Rajoy qui n’est pas (plus) en position de négocier quoi que soit (puisque très minoritaire) après avoir imposé cette élection.
    Il est évident que le scénario qu'il avait envisagé s'est grippé .. Et le pire est que les électeurs modérés ont préféré à son parti, le parti libéral de Inès Arrimadas ( la relève à droite) qui devient le parti d'opposition en Catalogne.
    La démocratie repose sur des principes à respecter : le droit des peuples à trancher et à disposer d’eux-mêmes, l’acceptation du verdict des urnes et quand les représentants des deux blocs opposés ne dialoguent plus que par des invectives et des menaces, il convient d’en installer d’autres par des élections.
    Cela étant les indépendantistes ont assez d'élus ( s'ils s'entendent) pour trouver une majorité absolue afin d'imposer une négociation à Madrid.

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    "Son" parti accélérant la déroute depuis deux cycles électoraux, Rajoy devait bien se douter de l'issue !!! on peut s’interroger sur ce qu'ils ont tous foutu au cours des six mois pendant lesquels la pauvre Espagne est restée sans gouvernement, curieuse similitude avec la Belgique qui elle aussi est confrontée à la poussée indépendantiste de sa région la plus riche... le leader catalan en exil n'y perd certainement pas son temps !
    Pauvre Espagne, va t-elle une fois de plus (1936/38) être le théâtre expérimental de ce qui se prépare pour l'Europe, à savoir son démantèlement en petits territoires sous un gvt central qui lui n'aura plus rien de démocratique ? la préparation des listes pr les prochaines européennes en sont l'indicateur certain...
    Vous avez raison, "s'ils sont capables de s'entendre"... en effet, en Espagne les révolutionnaires n'en ont jamais été capables, les traîtres y sont légions... (cf un récent Théma pour info)... Paradoxalement, la royauté y est actuellement la seule garante de la Démocratie, mais elle ne fait plus consensus... Juan-Carlos est tombé sous les attaques pernicieuses successives, son successeur ferait bien de se méfier de "ses soutiens" actuels...
    Quant au respect des urnes et de la volonté des peuples... là vous me faites rigoler, cher Ami ! seriez-vous naïf ou bien voulez-vous continuer d'y croire pour conjurer le mal ?
    Bien cordialement.

    C'est déjà ça, Rosi si je vous fais rigoler ... De par mes origines occitanes je me sens plus proche des Catalans que des Espagnols et pourtant mes arrière-grands-parents (côté maternel) sont originaires de la région d' Alicante.
    Té, je me verrais bien vivre dans un Etat Catalan-Occitan !!!
    Cela étant je ne pense pas que l'Espagne va vers un démantèlement en petites régions ... Le Roi Felipe VI en demandant de respecter la pluralité et de penser au bien de tous, aura le dernier mot dans cette affaire catalane ...

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    Qui sait, vous serez peut-être bientôt exaucé, Nazca ! S'agissant de la voix des urnes, je songeais en rigolant jaune que la réponse à notre refus de Maastricht fut un traité européen signé à Barcelone, puis ensuite aux élections récentes en Grèce... consolation la Grèce est encore entière, sauf son port principal !!!

    Il est évident que des décennies après, le franquisme pèse toujours …. Donc rien d’anormal à ce que la Catalogne rejette les lois fondamentales espagnoles … Mais là où ça cloche c’est que les Catalans sont loin d’être massivement pour une Catalogne indépendante (majoritaire en voies lors du dernier scrutin). A part cela « nada más ».

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    rosi-rosa-rosam  (privé) -

    D'une certaine manière, le poids du franquisme est peut-être une sauvegarde, temporaire certes, le temps encore d'une demi-génération ? tous ceux qui en l'ont vécu, en ont souffert et s'en souviennent connaissent le prix de la vraie paix nationale... les combattants en armes sont (presque) tous morts aujourd'hui, restent qq intellectuels plus ou moins crédibles car témoins depuis ailleurs... les petits nouveaux de 20 ans (ma famille là-bas en compte qq'uns) n'ont pas lu la page, ou bien lui tournent le dos, ou bien l'ont arrachée, par contre les pages de l'idéologie indépendantiste ne les dérangent pas, voire mm les séduit, inclus dans les provinces voisines ; beaucoup salueraient la 3e République si elle leur était proposée... Aviez-vous vu les 2 films proposés par Théma, réalisés sur la base d'images de guerre civile assorties de commentaires ? mm s'ils sont incomplets, voire partiaux, ils sont très intéressants...

  • Quand on se moque du peuple....il y a toujours en retour de baton... Emmanuel Macron devrait réfléchir sur sa façon d'agir avec les moins fortunés..... Lui qui philosophe pas mal.... pourquoi ne pense t il pas au mal qu'il fait aux classes moyennes et basses actuellement?????

  • le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
    donner plus de liberté aux régions (comme en Allemagne, où les régions sont très autonomes) conduit la Catalogne à l'indépendance, puis la Corse, puis les autres régions françaises qui ont été agrandies pour être comme les régions allemandes, pour amener la disparition des Nations au profit d'une super direction financière.

    la destruction de nos pays est bien en cours.

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