Canal+: Moustic replonge dans l'histoire de "Groland" pour ses 25 ans

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 L'humoriste Jules-Edouard Moustic, de son vrai nom Christian Borde, à Paris le 29 mars 2018

L'humoriste Jules-Edouard Moustic, de son vrai nom Christian Borde, à Paris le 29 mars 2018

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© AFP, JOEL SAGET

AFP, publié le jeudi 12 avril 2018 à 12h46

Moustic retourne aux sources de "Groland", émission culte de Canal+ qui fêtera samedi "indignement" les 25 ans de la "présipauté" avec une soirée spéciale et en clair, dédiée à son président Christophe Salengro, disparu le 30 mars. 

"Notre Président toujours aussi magnanime invite tout son bon peuple à rire par ordonnance dès 20h30 et ce jusqu'au milieu de la nuit. On s'en souviendra ! Ou pas...", annonce un communiqué grolandais.

Un hommage sera rendu au chef de la nation grolandaise, dès l'ouverture avec le "Zapoï", parodie grolandaise du "Zapping". Suivra le "Top 25 Grd", un florilège de "25 histoires vraies esstraordinaires" présenté par Pierre Bellemare, puis "Groland le gros métrage", film écrit et réalisé par Jules-Edouard Moustic et Benoît Delépine, les fondateurs historiques de "Groland".

Moustic, alias Christian Borde, est un surnom qui date de ses années d'animateur à RMC, à Monaco. A cette époque, il était "un peu plus maigre et dans sa période punk", raconte-t-il à l'AFP. "Une copine pensait que je ressemblais au personnage Moustic" du dessin animé "Merlin" de Walt Disney. "J'ai ajouté Jules-Edouard pour le côté fin de race."

- "Tombé amoureux" de Delépine -

En 1993, Alain de Greef, alors patron des programmes de la chaîne, avait demandé aux auteurs des "Nuls" dont le spécialiste des fausses nouvelles Moustic, de constituer un groupe de nouvelles plumes pour "Les arènes de l'Info", qui allaient devenir "Les Guignols".

"J'avais lu les textes d'un type qui me faisaient bien rire et je lui ai donné rendez-vous", se souvient Moustic, aujourd'hui âgé de 66 ans.

"J'ai découvert un bonhomme, cheveux hirsutes, aux pantalons trop courts qui buvait de la bière goulument, je suis tombé amoureux : c'était Benoît Delépine", poursuit-il, "je l'ai proposé à Alain et c'est comme ça que Benoît a rejoint l'équipe des premiers auteurs des Guignols".

C'est Delépine qui a recruté Christophe Salengro qu'il connaissait bien. Et avec Moustic débarqué depuis peu de Monaco, ils ont créé "un petit pays".  

"C'était plus ou moins une satire de la principauté", explique-t-il, "on ne l'a pas baptisé Salengroland parce qu'il y avait un ministre du même nom qui s'était suicidé, on a choisi Groland". 

- Gens de radio en chaîne - 

Le pays, dont "Groville" est la capitale, porte le deuil du décès de son président, pourtant décrété "inmourable" par la constitution grolandaise et dont la devise est "Groland, je mourrirai pour toi". 

Christophe Salengro, qui vivait dans le quartier de Montmartre à Paris, y a créé le premier consulat de Groland. Les ambassades ont fleuri un peu partout en France. La première avait été "ouverte par une petite mamie" dans la région d'origine de Benoît Delépine, en Charente.

Alain de Greef, disparu en 2015, et l'ex-Pdg de Canal+, Pierre Lescure, étaient des hommes venus de la radio. "Ils n'avaient pas de culture de l'image, ils défrichaient", relève-t-il. "Alain nous considérait un peu comme ses enfants, nous étions ses gentils crétins, Canal+ lui doit ses meilleures années".

L'âge d'or de la chaîne, selon lui, a eu lieu entre 1995 et 1997, à l'heure où sévissaient en même temps les Guignols, José Garcia et Antoine de Caunes, Jackie Berroyer et son standard téléphonique et les Deschiens. "Il y avait aussi Edouard Baer à la fin. Pendant deux ans, il y avait une volée de dingos, quand on passait derrière le plateau, c'était un vrai cirque à la Fellini"

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