Birmanie: décision au procès Reuters repoussée d'une semaine

Birmanie: décision au procès Reuters repoussée d'une semaine
Les journalistes birmans de Reuters Wa Lone (au fond, au centre) et Kyaw Soe Oo (c) devant un tribunal à Rangoon, le 23 janvier 2018

AFP, publié le mercredi 04 avril 2018 à 09h56

Deux journalistes de Reuters en Birmanie accusés de violation du secret d'Etat pour une enquête sur les exactions contre la minorité rohingya ont été déçus mercredi: le juge a repoussé d'une semaine sa décision de procéder ou non aux poursuites.

"Je rendrai ma décision mercredi 11 avril", a déclaré le juge Ye Lwin, sans donner d'explications au report de cette décision très attendue, devant une salle d'audience comble, avec de nombreux journalistes et diplomates ayant fait le déplacement.

"Je n'ai rien fait de mal. C'est pourquoi je pense que je serai bientôt relâché", a lâché Kyaw Soe Oo à l'énoncé de la décision du juge.

Sean Bain, observateur au procès pour l'ONG Commission internationale des Juristes (ICJ), a appelé le gouvernement birman à ordonner au parquet "d'abandonner immédiatement ces accusations infondées".

"Chaque ajournement prolonge de façon injuste leur détention", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP, critiquant la longueur des trois mois d'audiences préliminaires "n'ayant apporté aucune preuve crédible".

Sous pression internationale depuis le début des opérations militaires dans l'ouest du pays en août, le gouvernement civil birman dirigé par la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est aujourd'hui pointé du doigt pour des atteintes à la liberté de la presse.

L'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont à plusieurs reprises déjà demandé, en vain, la libération sans condition des deux reporters birmans.

Mais, début février, la justice birmane a rejeté leur demande de libération sous caution. 

Wa Lone, 31 ans, et Kyaw Soe Oo, 27 ans, sont accusés par la police de détention de documents relatifs aux opérations des forces de sécurité dans l'ouest du pays, en Etat Rakhine.

Mis en examen pour atteinte au "secret d'Etat" lors de leur enquête dans l'ouest, où l'armée est accusée d'épuration ethnique contre les Rohingyas, ils risquent 14 ans de prison.

L'avocate Amal Clooney, épouse de l'acteur américain George Clooney, a rejoint la défense des deux journalistes birmans. Mais elle n'était pas à l'audience mercredi.

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