BD : Gramercy Park, un subtil polar

BD  : Gramercy Park, un subtil polar
Dans « Gramercy Park », Timothée de Fombelle (scénario) et Christian Cailleaux (dessins) créent une ambiance étrange, mystérieuse et presque surannée.

leparisien.fr, publié le dimanche 22 avril 2018 à 08h49

Les deux auteurs, Timothée de Fombelle et Christian Cailleaux, ont réussi à créer dans cet album une ambiance étrange, mystérieuse et presque surannée.

Sur les toits de Gramercy Park, un ensemble privé d'immeubles de New York, Madeleine, des faux airs d'Audrey Hepburn, prend soin de ses abeilles. Nous sommes en 1954. Sous son voile de tulle, elle traîne une infinie tristesse. Son autre occupation principale : observer l'immeuble d'en face et les silhouettes qui la hantent. Celle de George Day surtout, figure notoire de la pègre. Il y vit seul, quasi reclus, seulement entouré de ses bras droits, d'une armée de garde du corps et d'une petite fille. L'immeuble est surveillé en permanence par les flics qui rêvent de coincer le caïd... Lui aussi a repéré l'étrange silhouette de la femme aux abeilles. Mais que cherche Madeleine ?

Écrivain jeunesse à succès, Timothée de Fombelle signe là son premier et très réussi scénario de BD. Habilement, de flash-back en flash-back, par petites touches, il tisse les liens d'un mélo-polar subtil, tout en nuance. A la mine, au fusain, tout en estompe et en couleurs pâles, le dessin de Christian Cailleaux (Prévert n'est pas un poète) contribue largement à créer l'étrange ambiance, mystérieuse et presque surannée, de cet album plein d'une amère poésie.

La note de la rédaction : 4/5

« Gramercy Park » de Thimothée de Fombelle et Christian Cailleaux. Ed. Gallimard BD. 104 pages. 20€.

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