Bandit Bandit, les lois de l'attraction

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Maeva et Nicolas, fondateurs du groupe Bandit Bandit, à Lyon le 10 octobre 2019
Maeva et Nicolas, fondateurs du groupe Bandit Bandit, à Lyon le 10 octobre 2019
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© AFP, JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

, publié le samedi 12 octobre 2019 à 09h30

"Tout est improbable dans notre histoire": Maëva et Hugo se sont rencontrés sur Tinder et quelques années plus tard forment Bandit Bandit, promesse rock vue à Hambourg et qui va faire du bruit.

Les vendredis d'octobre sont chargés pour ce duo, qui devient quatuor sur scène, entre sortie de leur mini-album éponyme le 11 octobre (cinq titres) et un concert au MaMA, festival défricheur à Paris, le 18.

Les spectateurs du festival Reeperbahn, fin septembre à Hambourg, ont déjà été décoiffés par leur garage-psyché. "On était un peu tendus, il y avait du retard, des problèmes de balance, beaucoup de stress, on s'était levés à 2h du mat' pour prendre l'avion, le son n'était pas parfait... mais il s'est passé un truc, il y a eu un lâcher prise, on a pris +un pied de ouf+", se souvient pour l'AFP Hugo Herleman, guitare et voix.

Ce barbu-chevelu avait enregistré sur son téléphone un petit message en allemand pour présenter le groupe et s'est fait plaisir en jouant du tzoura, sorte de guitare-luth grecque, sur un dernier morceau, tout en puissance.

"En Grèce, j'avais vu un type qui faisait la manche avec ce truc-là", raconte-t-il. "J'en ai un, j'ai mis un micro à l'arrache et je l'ai branché sur un ampli de guitare. Ça donne un son psychédélique et oriental à la fois, ça marche grave!"

- "Ok je veux être votre manager" -

Maëva et Hugo, leur histoire, c'est tout un roman 3.0. "On s'est rencontrés sur Tinder, mais ça a pris du temps, deux ans et demi", décrit Maëva Nicolas, chanteuse. "On s'est fait du mal (rires). Et on s'est envoyé des vidéos où on chantait pour se récupérer".

Le projet musical a commencé avec de premières maquettes de chansons, complète Hugo. "Il sait jouer de tout ce qui fait du bruit, moi juste de la guitare", note-t-elle.

La suite vaut le détour. Maëva, attachée de presse indépendante, qui travaille aussi pour un web magazine, fait un jour du covoiturage pour aller à un festival. Elle branche son téléphone "en mode shuffle" sur les enceintes pour diffuser sa musique. Et s'endort. "Tout d'un coup, le chauffeur me réveille et me dit: +c'est quoi ça?+. Ce sont nos démos, je suis un peu gênée. Et là il dit, +ok je veux être votre manager+".

"A ce moment-là on a donc un manager mais pas de projet", rebondit Hugo. Ils commencent à écrire et chanter en anglais car ça correspond à ce qu'ils écoutent, "du rock anglo-saxon", mais aussi "pour se protéger", "pudiques". Mais un morceau en français "Maux" va "tout débloquer", souligne Hugo.

- "Une belle mauvaise idée" -

"Pleins de titres sont nés dans le mois qui a suivi, on ne s'interdit rien, mais maintenant, 90-95% de ce qu'on écrit est en français", poursuit-il.  

Au rayon influences, ils citent pêle-mêle "Serge Gainsbourg et Jane Birkin, Françoise Hardy, Black Rebel Motorcycle Club, Queens of the stone age, Nirvana". Mais aussi Grand Blanc, de quoi décoller l'étiquette-comparaison avec The Kills, duo référence à grosses guitares.

"Très potes" avec les membres de Last Train, autre gang rock français, ils résident comme eux à Lyon après avoir vécu à Montpellier. 

Et l'album dans tout ça ? "En 2020 ou 2021", avance Maëva. En attendant, il y aura des concerts, avec leurs deux complices, Ari Moitier, bassiste, qui est guitariste de Kursed, autre groupe d'Hugo, et le batteur Anthony Avril, vu avec Citizen Kane. "Anthony, c'était mon coiffeur à Montpellier, lâche Hugo. Il me disait qu'il rêvait d'un groupe de rock". Encore une rencontre "improbable".

"Je dis toujours que ce groupe est une belle mauvaise idée", insiste-t-il. "Déjà, former un groupe quand on est en couple... Tout ne tient qu'à un fil. Mais, oui, pour l'instant tout tient".

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