"Au revoir là-haut", fresque exubérante et baroque de la Grande Guerre signée Dupontel

"Au revoir là-haut", fresque exubérante et baroque de la Grande Guerre signée Dupontel

L'écrivain Pierre Lemaitre, l'acteur argentin Nahuel Perez Biscayart, le réalistaeur Albert Dupontel, l'actrice belge Emilie Dequenne et l'acteur français Niels Arestrup lors de la présentation de "Au revoir ...

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AFP, publié le vendredi 20 octobre 2017 à 15h11

"Au revoir là-haut", dans les salles mercredi, est une fresque exubérante et baroque de la Grande Guerre, librement adaptée par Albert Dupontel du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013.

Novembre 2018. Terrés dans les tranchées, épuisés, les poilus espèrent un prochain armistice. Deux d'entre eux, Albert Maillard, un hypersensible d'origine modeste et Edouard Péricourt, dessinateur de génie et fils d'une riche famille, voient leurs destins liés par la violence des combats et, une fois les hostilités finies, ont une idée folle: monter une arnaque aux monuments aux morts.

Dans une des toutes premières scènes de ce film, Albert Dupontel, qui joue lui-même Albert Maillard, annonce la couleur: "c'est une longue histoire compliquée".

C'est effectivement au fil d'un long flash-back et d'une intrigue à rebondissements multiples que cette tragédie burlesque dénonce la puissance de la banque, le carnage inutile de la guerre, et la corruption d'un système qui en tire profit.

"J'y ai vu un pamphlet élégamment déguisé contre l'époque actuelle. Tous les personnages me paraissaient d'une modernité confondante", explique le réalisateur dans les notes de production, en parlant du livre de 600 pages qu'il a adapté pour le grand écran.

Mais l'art salvateur est là pour défier le siècle et exposer ses turpitudes. Un art incarné par un jeune Argentin Nahuel Pérez Biscayart, révélé à Cannes par "120 battements par minute" de Robin Campillo.

Dans le film d'Albert Dupontel, Nahuel Pérez Biscayart incarne Edouard Péricourt, caricaturiste surdoué et fils d'un puissant banquier, joué par Niels Arestrup. A la veille de l'armistice, un obus déchire son visage et transforme en un éclair le bel artiste flamboyant en "gueule cassée", que l'on ne verra plus que derrière une collection de masques de douleur, de rage, et parfois de joie. 

Ces masques exubérants, réalisés par Cécile Kretschmar, traduisent avec justesse tout au long de l'histoire les sentiments du jeune homme, pratiquement privé de la parole après son accident.

- Carte blanche à Dupontel -

Pierre Lemaitre a donné carte blanche à Albert Dupontel qui lui a soumis scrupuleusement toutes les versions du scénario, plus d'une dizaine en tout. Le roman offrait "un tel mélange de rebondissements, de descriptions visuelles, de dialogues exceptionnels" que le cinéaste n'a eu qu'à piocher "dans ce merveilleux coffre à jouets", a-t-il expliqué au Journal du dimanche. 

"Et le verbe élégant de Pierre", poursuivait Albert Dupontel dans cette interview, "m'a permis de laisser de côté ma +trashitude+". A l'exception de cette scène où l'on voit s'enchaîner en gros plan le visage sanguinolent du héros et un morceau de viande rouge mouliné dans un hachoir, pour mieux expliciter la boucherie des tranchées.

Le cinéaste et comédien belge Bouli Lanners devait tenir le rôle principal d'Albert Maillard. Mais après sa défection, Dupontel n'a trouvé que lui-même pour incarner à sa place ce "loser magnifique".

Emilie Dequenne, personnage clef du film qui joue la soeur du jeune Péricourt, a expliqué à l'AFP à l'occasion du festival d'Angoulême cet été comment elle fut associée à l'aventure. "J'ai reçu un SMS d'Albert, très factuel, et j'ai d'abord cru à une blague tellement il était poli et presque scolaire". L'actrice révélée par les frères Dardenne n'avait pas lu le roman de Lemaitre, qu'elle a rencontré "pour la première fois" lors de ce festival. "C'est bien parce qu'Albert m'a emmenée dans son univers à lui, ce qui m'a permis de travailler avec son scénario comme unique référence". 

Laurent Lafitte, dans la peau du lieutenant Pradelle, incarne un méchant truculent et tout à fait détestable.

Pour Niels Arestrup, le premier critère de choix fut "d'abord de travailler avec Albert, parce que je suis un grand admirateur de son travail, et de l'homme, même s'il est parfois difficile".

 
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