Au Centre national des arts du cirque, les étudiants formés pour devenir "les meilleurs du monde"

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Des étudiants de la 30e promotion du CNAC s'entrainent à Châlons-en-Champagne le 21 juin 2018
Des étudiants de la 30e promotion du CNAC s'entrainent à Châlons-en-Champagne le 21 juin 2018
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© AFP, FRANCOIS NASCIMBENI

AFP, publié le samedi 30 juin 2018 à 07h33

Trapèze, tissu ou bascule coréenne : les dix-huit étudiants de la 30e promotion du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (Marne) peaufinent le prochain spectacle qui conclura leur formation, savourant la "chance énorme" d'être bientôt diplômés de cet établissement réputé, unique en France.

"Ils se mettent la pression car ce sont des projets personnels et une vitrine en vue de la sortie de l'école : c'est un moment-clé", glisse Marie Seclet, enseignante au CNAC et référente pour les "Échappées", le spectacle de fin d'année qui rassemble les numéros de cette promotion où se côtoient treize spécialisations circassiennes.

Il se tiendra du 4 au 8 juillet dans le cirque historique de Châlons-en-Champagne datant du 19e siècle, l'un des deux sites du centre national avec la Marnaise, bâtiment plus récent dans lequel se déroulent certains cours.

L'heure est aux répétitions pour Hamza Benlabied et Maélie Palomo, duo maroco-suisse d'acrobates main à main de 24 et 23 ans, qui, pendant une dizaine de minutes, enchaîne saltos, portés et passages au sol, leurs corps connectés par la même énergie.

"On prend confiance et j'ai hâte de voir la réaction du public ! C'est une chance énorme d'être dans une formation comme celle là car elle offre une expérience humaine et collective, ainsi qu'un réseau", confie Maélie Palomo, la voltigeuse.

Sur le plateau, Joad Caron, étudiant français, répète à son tour son numéro de mât chinois, haut de six mètres, et discute des derniers réglages sonores avec les techniciens. 

"Ici il n'y a jamais de problème de place, on peut voir les autres étudiants travailler et des profs sont présents tout le temps", souligne-t-il, assis dans le canapé d'un espace de détente, avec vue sur une salle d'entraînement où une artiste gracile tourne dans sa roue Cyr.

Sur les dix-huit étudiants de cette 30e promotion, dix sont français et huit viennent d'ailleurs. Après les "Échappées", ils se retrouveront pour un spectacle collectif et une tournée de 40 dates, ultime étape pour valider leur cursus. Et ainsi rejoindre les quelque 300 artistes issus du CNAC.

- "Super CV" -

Créé en 1985 sous l'égide du ministère de la Culture, le CNAC est un établissement supérieur de formation accueillant une soixantaine d'étudiants et 150 stagiaires en formation continue, mais aussi un centre de ressources et de recherche.

Son budget annuel oscille entre quatre et cinq millions d'euros, essentiellement financé par l'Etat.

Ce "lieu unique" compte "sept enseignants permanents dont beaucoup sont d'anciens sportifs de haut niveau avec des compétences techniques et de coaching", ainsi qu'un panel d'intervenants qui "éveillent les étudiants artistiquement", explique Gérard Fasoli, auparavant membre de l'équipe de France de trampoline puis acrobate, directeur depuis 2012.

Au risque que "la technique soit plus mise en valeur que la recherche artistique", regrette Stefan Kinsman, membre de la 26e promotion et spécialisé dans la roue Cyr, qui aurait voulu que "les deux se mélangent beaucoup plus".

Après une sélection sur concours et trois ans de formation gratuite, les étudiants s'orientent vers les cirques traditionnels, les cabarets, les grandes compagnies ou créent leur propre structure.

"Le taux d'insertion est de 100 % et les artistes restent sur le marché du travail très longtemps, dans le domaine artistique ou dans des métiers connexes", affirme M. Fasoli.

"Une chose très forte du CNAC c'est la visibilité que tu as par rapport aux professionnels et aux grandes compagnies, et ça fait un super CV", reconnaît M. Kinsman, soulignant que "les rencontres pendant les études" lui ont permis de trouver du travail dès sa sortie.

Dans un contexte de raréfaction de l'argent public et de concurrence internationale accrue entre les écoles de cirque, le CNAC veut former "les meilleurs du monde", selon son directeur, et réfléchit aussi pour cela à mettre sur pied, dans le Grand Est, une école préparatoire pour dénicher les futurs talents.

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