Après Elle et Télé 7 Jours, le groupe tchèque Czech Media Invest convoite Marianne

Après Elle et Télé 7 Jours, le groupe tchèque Czech Media Invest convoite Marianne
Un kiosque à journaux, le 14 mars 2017 à Paris

AFP, publié le jeudi 19 avril 2018 à 13h19

Le groupe de médias tchèque Czech Media Invest frappe un grand coup en France: après avoir ouvert des négociations avec Lagardère pour acquérir ses magazines dont "Elle" et "Télé 7 Jours", il souhaite racheter le news magazine en difficulté Marianne.

"Czech Media Invest vient d'adresser à Marianne une proposition ferme d'acquisition de 91% du capital de cette dernière", indique dans un communiqué l'hebdomadaire, qui suivait un plan de redressement approuvé par le tribunal de commerce de Paris cet été.

L'opération est "subordonnée à la mise en œuvre de la procédure d'information et consultation des instances représentatives des salariés et à l'approbation du Tribunal de Commerce de Paris dans le cadre du plan de continuation dont bénéficie le journal", précise le magazine.

"Les salariés et le management de Marianne et leurs expertises sont un atout majeur pour Czech Media Invest qui demandera à Yves de Chaisemartin de garder les fonctions de PDG et directeur de la publication du journal", ajoute le communiqué. Marianne compte 46 salariés.

Le groupe Czech Media Invest, cofondé et dirigé par le milliardaire Daniel Kretinsky a été très actif en France ces derniers jours, pays dont il souhaite faire le "pilier de sa stratégie d'expansion internationale".

Il a racheté à Lagardère ses radios en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie pour 73 millions d'euros, puis a annoncé être en négociations pour acquérir ses magazines français (Elle, Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public).

Inquiets de ces annonces, les syndicats de la branche médias de Lagardère ont souligné la veille que Daniel Kretinsky "copropriétaire du club de football Sparta Prague", "avait été cité, selon la presse, dans l'enquête dite des Panama Papers pour la possession d'une société basée dans les îles Vierges britanniques".

En 2017, Marianne s'est vendu à 143.476 exemplaires par semaine, une très légère baisse de 0,03% sur un an, et il a dégagé un bénéfice d'exploitation. La moyenne mensuelle de visites sur son site et ses déclinaisons numériques s'est établie à 6 millions de visiteurs.

Le magazine s'était déclaré en cessation de paiement et avait été placé début janvier en redressement judiciaire. 

Un plan de continuation avait été présenté et accepté au tribunal de commerce, qui prévoyait "un apurement de la dette et une réorganisation", pour "se recentrer sur le coeur nucléaire du métier", avait expliqué Yves de Chaisemartin à l'AFP.

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