A Paris, les défilés reviennent au compte-gouttes

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Défilé Dior homme à Paris, le 17 janvier 2020
Défilé Dior homme à Paris, le 17 janvier 2020
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© AFP, FRANCOIS GUILLOT

publié le mardi 22 juin 2021 à 20h05

Les défilés reviennent au compte-gouttes à la semaine du prêt-à-porter homme à Paris, qui a démarré mardi avec des présentations en numérique pour des collections mixtes. 

Contrairement à la Fashion week de Londres qui est devenue "gender neutral" (de genre neutre), celle de Paris est officiellement dédiée à la mode masculine. Mais elle tend dans les faits à effacer les frontières vestimentaires entre les genres. 

La marque chinoise Sankuanz revendique son esthétique "asexuelle", que ce soit dans des costumes +oversize+ ou des T-shirts aux imprimés graffiti inspirés de la culture underground. 

Des bouches rouges en imprimé, les maquillages défaits et les cheveux teints de couleurs artificielles: la griffe japonaise Kidills amène sa collection mixte dans un univers punk.

Chez Gamut, collectif de mode basé à Paris, place à la diversité et au "body positive": des pièces streetwear sont portées par hommes et femmes, dont une défile les seins nus et les aisselles au naturel.

Lanvin, la plus ancienne maison de couture française, présente un court-métrage aux allures d'un clip MTV des années 90 avec une garde-robe qui "gomme les saisons (...) pour lui et pour elle".

- "Limites" du numérique -

Six maisons seulement, dont Dior vendredi et Hermès samedi, ont opté pour des défilés "physiques", sur 72 inscrites sur le calendrier officiel.

Nombre de grandes maisons restent encore dans le virtuel: Louis Vuitton, Dries Van Noten, Yohji Yamamoto, Issey Miyake, Loewe ou Tom Browne.

"La crise sanitaire a tout accéléré. En terme de digitalisation, il s'est passé en un an ce qui s'est passé en dix ans", déclare à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode. Il table sur une Fashion week qui va "en sortir renforcée, plutôt qu'affaiblie".

Mais pour l'historien de la mode Olivier Saillard, le numérique "a montré ses limites" dans la mode. "Si on réduit tout cet exercice qui est magique --un vêtement est une sculpture molle autour d'un corps-- à une photo dans un écran plus au moins grand, cela ne marche pas", dit-il à l'AFP.

Le ralentissement dû à l'épidémie a également permis à la Fédération d'avancer sur la voie du développement durable. Elle a présenté début juin un outil qui permet aux maisons de mesurer en amont l'impact environnemental et social de leur événement. 

L'événement (virtuel) à surveiller est le retour de Courrèges dans la mode homme, avec comme nouveau directeur artistique, le Belge Nicolas Di Felice (ex-Balenciaga et ex-Louis Vuitton).   

Celine et Berluti ont décidé de créer à leur propre rythme et sont les grands absents de cette édition.

Déjà avant la pandémie, Hedi Slimane, styliste star de Celine, jugeait la Fashion week "caduque". Il a présenté ses deux dernières collections homme et femme en février et avril, en dehors des Fashion weeks virtuelles, dans des films poétiques tournés dans des châteaux.

Berluti a de son côté présenté la dernière collection homme du directeur artistique belge Kris Van Assche à Shanghai, signe de l'importance accordée au marché asiatique. 

Son départ a coïncidé avec les annonces du PDG de Berluti, Antoine Arnault, que la maison aura désormais son propre calendrier. 

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