A Caserte, l'élégance au masculin de Stefano Ricci défile dans un écrin royal

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Le styliste italien Stefano Ricci (c) avec ses fils Niccolo (d) et Filippo, lors de la présentation de la collection printemps/été 2020 à Caserte, le 21 mai 2019  près de Naples
Le styliste italien Stefano Ricci (c) avec ses fils Niccolo (d) et Filippo, lors de la présentation de la collection printemps/été 2020 à Caserte, le 21 mai 2019 près de Naples
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© AFP, Andreas SOLARO
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AFP, publié le jeudi 23 mai 2019 à 09h17

"Rois d'un jour", le styliste italien Stefano Ricci et ses fils ont dévoilé cette semaine leur dernière collection dans le cadre somptueux du palais royal de Caserte, près de Naples, résidence des Bourbon avant d'être celle des rois de l'empire napoléonien.

A bord d'une calèche, ils ont parcouru mardi soir les vastes jardins du palais royal au coucher du soleil, s'arrêtant pour siroter du champagne, au milieu de mannequins en costumes impeccables aux couleurs jaune moutarde, rouge flamboyant ou bleu azur.

La décision de présenter en avant-première privée leur collection printemps/été 2020 sur ce site prestigieux, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO plutôt que pendant la semaine de la mode de Milan, est emblématique d'une marque pour hommes que le New York Times considère comme le "couturier des 0,001%".

La griffe Ricci, basée à Florence, habille des célébrités comme Andrea Bocelli, Morgan Freeman et Tom Cruise et même, dans le passé, Nelson Mandela.

La dernière collection, du costume rayé aux pulls bariolés en passant par la veste de chasse ou le smoking, a pour ambition de vous faire sentir "roi pour un jour".

A une époque où les créations des stylistes peuvent être achetées en ligne, Ricci offre aux hommes les plus riches de la planète une expérience personnalisée dans l'achat d'articles "Made in Italy", créés en utilisant des techniques traditionnelles florentines.

"Notre client a toujours besoin de ressentir l'émotion, de toucher le produit. Expliquez-leur en personne, voyez le tailleur, faites prendre ses mesures, faites-vous raconter une histoire", assure à l'AFP Niccolo Ricci, PDG de l'entreprise, et fils aîné du créateur Stefano. "Il veut être dorloté pendant une heure", ajoute-t-il.

"Parfois, nous avons des clients superstitieux qui veulent des pantalons, un costume, des chemises par exemple pour des rendez-vous importants, et étant donné les délais extrêmement serrés qu'ils nous donnent pour livrer les vêtements, ils envoient leur avion privé pour les recevoir à temps", raconte-t-il.

- Veste en daim -

Qu'il achète une veste en daim à plus de 5.000 euros ou une casquette de baseball en soie et crocodile à 1.600 euros, le client typique est un homme de pouvoir, "amoureux de l'art antique" et de la nature, selon Stefano Ricci.

"L'homme Ricci adore les montagnes, les bois, les chiens et, je n'ai pas peur de le dire, la chasse". Le couturier barbu, âgé de 67 ans, chasseur passionné, reconnaît que sa passion pour la couture haut de gamme est "un virus".

Son dernier défi ? "Créer une matière à la structure compacte mais à la fois extrêmement douce et lumineuse, non pas comme du verre poli mais comme la peau d'une belle jeune fille"... 

En se concentrant sur le segment des milliardaires dans les marchés émergents comme la Russie, la Chine et le Moyen-Orient, l'enseigne - qui est sur le point d'ouvrir un magasin au Turkménistan - se protège des facteurs pesant sur les ventes dans d'autres maisons de luxe.

"Nous avons constaté qu'il n'y a pas de limite de prix si le client reconnaît un produit de qualité", déclare Niccolo Ricci. "Même pour un costume qui coûte 25.000 euros, si le client comprend le travail qui a été fait, la qualité du tissu, notre engagement à trouver des matières premières de qualité pour nos collections exclusives, alors le client est d'accord", assure-t-il.

Ricci a terminé l'an dernier avec un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, et le groupe enregistre une croissance de 5% au premier trimestre de cette année, en dépit de difficultés comme la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, et les incertitudes entourant le Brexit.

"J'ai eu la chance de faire quelque chose que j'aime, de travailler avec ma femme, ma famille, et j'ai maintenant passé le relais à mes fils", confie encore Stefano Ricci. "Je conçois un peu les collections, je donne des directives, je participe au processus, mais je suis beaucoup plus détendu à présent". 

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