A Bruxelles, le "Musée du capitalisme" interroge nos modes de vie

A Bruxelles, le "Musée du capitalisme" interroge nos modes de vie
Un affiche du "Musée du capitalisme", le 12 février 2016 à Laeken, dans la banlieue de Bruxelles
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AFP, publié le samedi 24 août 2019 à 09h33

S'enrichir, accéder à un meilleur confort, travailler pour pouvoir consommer. Oui mais avec quelles conséquences ? Le "Musée du capitalisme", imaginé par un collectif d'étudiants de Belgique, s'est installé à Bruxelles pour questionner le système économique qui domine le monde.

L'exposition itinérante est hébergée jusqu'au 13 septembre à l'intérieur de l'ancienne Bourse de Bruxelles, "un lieu symbolique" pour aborder cette thématique, selon les organisateurs.

Ce palais aux colonnes néo-classiques, en plein centre-ville, a été déserté il y a plus de 20 ans par les agents de change et il est désormais géré par la ville.

C'est la nouvelle municipalité PS-Ecolo (élue fin 2018) qui a proposé au Musée du capitalisme de l'investir cet été pour un mois, afin de bénéficier d'une plus grande visibilité sur une superficie de 3.000 m2.

L'exposition, qui a déjà accueilli 15.000 visiteurs dans cinq autres villes belges depuis 2014, se veut "un outil pédagogique pour questionner la société dans laquelle on vit", explique à l'AFP Célimène Bernard, une des membres du collectif.

"On n'est pas porteurs d'une vérité, on ne dit pas ce qu'est le capitalisme (...) on veut amener des questionnements et vulgariser une thématique qui parfois peut sembler assez floue", ajoute cette ancienne de Sciences-Po Lille (France), qui a rejoint une quinzaine d'étudiants issus principalement de l'Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique francophone.

- "Des milliers d'alternatives" -

A l'entrée de l'exposition est affichée une définition qui pose le débat: "Le capitalisme est un système caractérisé par l'exigence d'accumulation de profit à travers la propriété privée".

Certes il peut être synonyme de confort matériel, avec loisirs et voyages, d'émancipation et d'ascension sociale. Des réussites "à l'américaine" sont évoquées, comme celle de Bill Gates, cofondateur de Microsoft.

Mais le système a ses "limites", est-il souligné dans une salle spécialement dédiée.

Le propos défendu: les richesses sont très inégalement réparties, la surconsommation épuise les ressources naturelles, et les intérêts des multinationales avancent souvent masqués derrière la bannière du bien commun.

En bout de parcours, le visiteur foule du pied une phrase de la politologue altermondialiste Susan George affirmant qu'"il y a des milliers d'alternatives" au capitalisme.

C'est l'entrée de la dernière des quatre salles, la plus vaste, consacrée aux "alternatives". Sous la grande voûte du palais de la Bourse, des associations ont été invitées à présenter leurs initiatives dans les domaines des finances ou de l'alimentation locale par exemple.

L'exposition, à prix libre, est ouverte tous les jours sauf le mardi, de 14h00 à 19h00. Des soirées thématiques avec débats et projection de films sont accessibles sur inscription (https://museeducapitalisme.org/).

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