A Bourges, Leonard Cohen chansons pour cathédrale

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La cathédrale de Bourges théâtre de l'hommage du Printemps de Bourges à Leonard Cohen, le 27 avril 2018
La cathédrale de Bourges théâtre de l'hommage du Printemps de Bourges à Leonard Cohen, le 27 avril 2018
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© AFP, GUILLAUME SOUVANT
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AFP, publié le samedi 28 avril 2018 à 02h27

La plupart sont célestes, certaines sont profanes, mais les chansons de Leonard Cohen ont leur place dans une cathédrale, de "Sisters of Mercy" à "I'm Your Man", en passant évidemment par "Hallelujah", reprises avec choeur et âme vendredi au Printemps de Bourges.

La création de cette 42e édition, en hommage au grand poète folk canadien disparu il y a deux ans a été confiée à un de ses fans, Henke Hofstede, le leader du groupe néerlandais The Nits. 

C'est avec l'Avalanche Quartet, qu'il a créé il y a quelques années pour reprendre le répertoire de Cohen, qu'il s'est attelé à cette tâche sans pourtant avoir beaucoup le temps de se préparer avec les artistes invités à l'accompagner, parmi lesquels Jeanne Added, Rover, Raphaël, Yan Wagner, Dom La Nena et Rosemary Standley, chanteuse du groupe Moriarty. 

Sans filet dans ce cadre majestueux qu'est la cathédrale de Bourges, où l'écho ne pardonne pas le moindre péché tonal ou vocal, tous ont été à la hauteur du défi qui leur était proposé lors d'un récital à la première partie acoustique et la seconde partie symphonique, avec l'apparition d'un orchestre de cordes dirigé par Uele Lamore.

Avec sa voix parfois glaciale, quelque part entre Ian Curtis et Dave Gahan, Ian Wagner a notamment excellé dans sa reprise de "Stranger Song", pourtant à des années lumières de son registre personnel électro-pop.

Raphaël a été convaincant dans son interprétation du sulfureux "Chelsea Hotel". Rover, à la présence toujours si imposante, a parfois tutoyé les anges sur "Ain't No Cure For Love", se permettant même de crooner par instant sans que ça ne lui coupe les ailes.

Et que dire de Jeanne Added, en totale maîtrise de sa puissance vocale ? Leonard Cohen aurait probablement souri de voir les rôles s'inverser avec tant de justesse sur "I'm Your Man", chanson ô combien masculine interprétée par une femme. 

Il aurait aussi apprécié d'entendre Henke Hofstede se charger sur ce même titre des choeurs qu'il aimait tant confier aux voix féminines. Dans ceux qu'il a repris, comme "Sisters of Mercy", le leader des Nits a par ailleurs été frappant par son timbre quasi identique à celui du Cohen débutant à la fin des années soixante.

Mais c'est bel et bien Jeanne Added, avec une foi inébranlable et une conviction totale, qui a encore élevé le niveau en fin de parcours, en interprétant deux chansons emblématiques de l'oeuvre géniale de Cohen, "The Partisan" et "Hallelujah", en duo avec Hostede pour cette dernière.

Entendre ainsi chantés l'Histoire et le Sacré, si bien écrits par Leonard Cohen - juif pratiquant autant que bouddhiste -, dans les murs de la cathédrale de Bourges avait parfois quelque chose de divin. 

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