La question du jour :

Elisabeth Borne doit-elle se soumettre à un vote de confiance ?




Elisabeth Borne doit-elle se soumettre à un vote de confiance ?
Elisabeth Borne le 19 juin 2022.

publié le jeudi 23 juin 2022 à 10h15

Les principaux partis d'opposition, y compris Les Républicains, ont déjà affirmé qu'ils ne voteraient pas la confiance au gouvernement d'Elisabeth Borne. 

Le chef de la gauche Jean-Luc Mélenchon a jugé "vains" mercredi soir 22 juin les appels d'Emmanuel Macron en direction de l'opposition et exigé que la Première ministre Elisabeth Borne se soumette à un vote de confiance à l'Assemblée nationale, forte d'une "légitimité" plus forte selon lui que celle du président, qui n'a pas obtenu la majorité relative aux législatives.




"Il est absolument vain d’essayer de dissoudre la réalité du vote en l’enfumant de considérations et d’appels de toutes sortes qui n’ont pas de sens", a lancé le leader de La France insoumise dès la fin de l'intervention du chef de l'Etat. Emmanuel Macron a pris acte dans une allocution télévisée des "fractures" montrées par le résultat des législatives et assuré vouloir "bâtir des compromis" avec ses opposants, appelés à la "transparence" et la "responsabilité".

Le président a été "élu en avril parce qu’une majorité ne voulait pas que l’extrême droite préside notre République" mais il n'a pas reçu un "mandat clair" du pays, a réitéré Jean-Luc Mélenchon.

"L’exécutif est faible mais l’Assemblée nationale est forte de toute la légitimité de son élection toute récente", a-t-il martelé. Dans ce contexte, "la Première ministre doit se présenter devant l’Assemblée nationale, présenter un programme d'action et solliciter la confiance de l’Assemblée", a-t-il réitéré. "Si elle ne l’a pas, elle doit démissionner. Si elle l’a, elle devra ensuite faire des propositions de textes de lois et l’Assemblée en discutera", a-t-il ajouté.

"Sur la base des textes, chacun fera alors les propositions qu’il estime nécessaires et qui sont conformes à l’intérêt général", a insisté Jean-Luc Mélenchon, en dénonçant par avance tous "votes sollicités d’avance, de combines".

Le vote de confiance n'est pas obligatoire pour un nouveau gouvernement, non plus qu'une déclaration de politique générale. Néanmoins, depuis 1993, tous les gouvernements s'y sont pliés. A son arrivée, le nouveau chef du gouvernement prononce un discours de politique générale devant les députés, pour exposer son programme et sa méthode. Il est ensuite d'usage qu'il engage la responsabilité du gouvernement en se soumettant au vote de confiance des parlementaires, façon de renforcer la légitimité du nouvel exécutif.

Lorsque l'exécutif a la majorité absolue, il s'agit d'une formalité. Mais dans la situation actuelle, en l'absence d'une majorité relative, cela peut se révéler plus complexe. Aujourd'hui, les principaux partis d'opposition, y compris LR, ont déjà affirmé qu'ils ne voteraient pas la confiance au gouvernement d'Elisabeth Borne. Si la cheffe du gouvernement n'obtenait pas cette confiance, elle serait contrainte de démissionner. 

"Ce n'est pas en fonction des demandes de Jean-Luc Mélenchon que le gouvernement agit et agira", a répondu jeudi matin la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. "Je trouve cocasse qu'un homme qui ne se présente pas aux élections demande à une Première ministre, qui elle a été élue aux législatives, de se soumettre à un vote de confiance", a taclé la ministre, invitée de franceinfo.
 

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