La question du jour :

Croyez-vous qu'Emmanuel Macron va changer sa façon de gouverner ?




Croyez-vous qu'Emmanuel Macron va changer sa façon de gouverner ?
Emmanuel Macron le 7 mai 2022.

publié le vendredi 13 mai 2022 à 09h35

Durant toute la campagne présidentielle, Emmanuel Macron, entré à l'Élysée en 2017 en "Jupiter", a promis qu'il allait "changer" de méthode pour "associer davantage nos compatriotes".

Une page se tourne ce vendredi 13 mai avec la fin du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Le président réélu le 24 avril peut-il changer sa manière de gouverner, comme il le martèle depuis la présidentielle ? La réponse est non pour une importante majorité de Français.

En effet, selon un sondage* Odoxa - Backbone Consulting réalisé pour Le Figaro, ils sont 65% à trouver qu'il n’a pas changé depuis 2017 et 72% à anticiper qu’il ne changera pas pour ce second quinquennat.




Les Français sont plutôt sévères sur l'image du président : s'il est jugé dynamique par 65% des sondés, courageux pour 56% d'entre eux, ils sont 59% à estimer qu'il n’est pas un bon président. La moitié d'entre eux (46%) est sceptique quant à sa capacité à mener les réformes qu'il souhaite. Ils sont aussi 67% à parier qu'il ne relancera pas le pouvoir d’achat. A l'inverse, au sujet de la controversée réforme des retraites, les Français croient davantage (50% contre 49%) qu’il la mènera bien.

"Réconcilier la bienveillance et l'ambition"

Durant toute la campagne présidentielle, celui qui était entré à l'Élysée en 2017 en "Jupiter" a promis qu'il allait "changer" de méthode pour "associer davantage nos compatriotes". "Je ne crois qu'à une seule chose dans ce moment, c'est de réconcilier la bienveillance et l'ambition", a affirmé Emmanuel Macron lors de son dernier meeting le 24 avril. Ce cap devra être réaffirmé avant les législatives des 12 et 19 juin, décisives pour lui donner les moyens d'agir durant les premières années du quinquennat, avant que ne s'exacerbe la bataille pour sa succession.

Les spéculations se concentrent sur le choix du Premier ministre et du gouvernement qui seront chargés de conduire la majorité aux législatives mais aussi de porter ce renouveau pour l'après. Emmanuel Macron devrait en parallèle faire évoluer son équipe à l'Élysée, avec notamment la question du maintien du secrétaire général Alexis Kohler, son incontournable bras droit durant le premier quinquennat. Une fois en ordre de bataille, le nouvel exécutif, qui s'annonce plus resserré, "lancera très vite" les premiers chantiers.

Le pouvoir d'achat ayant dominé la campagne, l'une des priorités est de faire adopter, "dès cet été", un projet de loi de finances rectificative pour que les retraites soient indexées sur l'inflation et pour prolonger "le bouclier" sur les prix du gaz et de l'électricité, ainsi que la ristourne sur les carburants. Le président a également promis une hausse du point d'indice des fonctionnaires, une revalorisation du traitement des enseignants, notamment en début de carrière – au dessus de 2.000 euros - et la mise en place d'un chèque alimentaire pour les foyers à faibles revenus.

Plus délicate s'annonce la mise en route de la réforme, contestée, des retraites avec l'objectif de porter l'âge de départ à 65 ans d'ici 2031. Elle donnera l'occasion d'expérimenter la nouvelle méthode prônée par Emmanuel Macron durant la campagne. "En prenant le temps de la concertation avec toutes les parties prenantes, on réduit les risques de contestation", estime son entourage. "Mais il faut garder un objectif d'efficacité, sans entrer dans des 'Grenelle' sans fin".

*Echantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Auprès de l’ensemble des Français, la marge d’erreur s’établit, selon le score visé, à plus ou moins 1,4 et 3,1 points.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.