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Pouvoir d'achat : faut-il instaurer un "chèque fruits et légumes" ?




Pouvoir d'achat : faut-il instaurer un "chèque fruits et légumes" ?©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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publié le samedi 22 janvier 2022 à 07h00

Dans un contexte d'inflation, les prix des fruits et légumes ont explosé. L'association de consommateurs Familles rurales tire la sonnette d'alarme et réclame la création d'un chèque fruits et légumes.

Un bond de 9 % en deux ans.

Familles rurales a observé "une inflation contenue en 2021, sauf pour les fruits et légumes dont les prix ont bondi de 9 % en deux ans", entre septembre 2019 et septembre 2021. L'association de consommateurs publie chaque année un observatoire annuel* des prix des biens de consommation courante. 




"Affichant près de 10 % d'augmentation en deux ans, il n'est pas étonnant de voir certains consommateurs s'en détourner, notamment ceux disposant de petits budgets", regrette l'association. Elle réclame la mise en place d'un "chèque fruits et légumes" en 2022, "pour ne pas détourner les familles aux budgets les plus modestes de ces aliments bons pour la santé".

"Bien manger devient un luxe pour certaines familles", a déploré sur franceinfo Nadia Ziane, juriste et directrice du département Consommation à la fédération nationale de Familles Rurales. "Dès lors que vous rajoutez une portion de fruits et de légumes dans vos assiettes, vous éloignez de 4 % le risque de maladies cardio-vasculaires", a-t-elle précisé. Pour l'association de consommateurs, il s'agit d'un enjeu de santé publique. 

Jusqu'à 1.148 euros pour une alimentation bio

Familles rurales a calculé que s'alimenter conformément aux préconisations du plan national nutrition santé (PNNS) coûte pour une famille de quatre personnes - deux adultes, un ado et un enfant - chaque mois entre 450 euros - en variant moins les produits mais en respectant la diversité des catégories et la saisonnalité - et 1.148 euros pour une famille "adepte du bio" et qui consomme des produits variés. 

"A ce prix-là, le tout bio est loin d'être à la portée de toutes les bourses", commente Familles rurales", qui, "pour rassurer les familles, (rappelle) que, pour rester en bonne santé, l'essentiel demeure de consommer suffisamment de fruits et légumes peu importe qu'ils soient bio ou non".

Mieux accompagner les familles 

De manière générale, "Familles Rurales appelle les pouvoirs publics à développer une politique beaucoup plus ambitieuse promouvant une saine alimentation en permettant à tous d'y accéder". Elle estime qu'"investir dans un programme nutritionnel associant prévention et aide aux plus précaires constitue la clé pour freiner le développement de trop nombreuses pathologies liées à la consommation de produits trop gras, trop sucrés, trop salés en trop grande quantité". 

Actuellement "en France, 90 % des enfants et près de 70 % des adultes ne suivent pas ces préconisations. Il est impératif de mieux accompagner les familles. C'est un enjeu de santé publique. Il ne doit plus être question seulement de 'soigner' les pathologies inhérentes à la 'malbouffe' mais de les éviter", note Nadia Zane. Il faut "d'abord, sensibiliser l'ensemble des familles à avoir une alimentation saine et aider celles qui ne pourront pas le faire, faute de moyens à pouvoir y accéder", détaille-t-elle sur franceinfo.

Des prix qui s'envolent dans les îles 

L'association dénonce en outre "l'écart de prix substantiel entre le même panier de courses acquis en métropole et celui acheté en Outre-mer", observé en comparant les prix appliqués sur les mêmes produits en métropole et à la Réunion, à Mayotte, en Guadeloupe et en Martinique. Verdict : "le même panier de produits y coûte près de 50 % plus cher qu'en métropole". Ainsi pour un panier conventionnel, le prix moyen aux Antilles s'élève à 1.068 euros, . 719 euros en bio ! Soit respectivement près de 86 % et 139 % d'un SMIC net mensuel, précise franceinfo. 

* L'enquête de Familles rurales a été réalisée sur quatre périodes, février, avril, juin et octobre 2021 dans 148 magasins (hypermarchés, supermarchés, enseignes à dominante marques propres type hard-discounts, spécialisés bio), par une équipe de 107 "veilleurs consommation" sur 37 départements. 

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