La question du jour :

Allez-vous suivre l'allocution d'Emmanuel Macron ?




Allez-vous suivre l'allocution d'Emmanuel Macron ?
Emmanuel Macron va s'adresser aux Français mardi à 20H00, alors qu'une reprise de l'épidémie de Covid-19 se confirme en France.

publié le mardi 09 novembre 2021 à 07h00

Le chef de l'État va s'adresser aux Français ce soir, après un conseil de défense dans la matinée, alors qu'une reprise de l'épidémie de Covid-19 se confirme en France. La question d'une 3e dose de vaccin obligatoire pour certaines catégories de la population sera abordée. 
Emmanuel Macron devrait aussi évoquer la relance économique et les réformes, à cinq mois de la présidentielle. 





Comme un air de déjà-vu.

Au moment où l'épidémie de Covid-19 reprend de la vigueur, Emmanuel Macron va s'exprimer lors d'une allocution télévisée, mardi 9 novembre à 20 heures, pour évoquer la crise sanitaire. 

Au plus fort de l'épidémie, le chef de l'État avait multiplié les allocutions solennelles, battant des records d'audience pour annoncer des mesures de restrictions ou proclamer les "jours heureux" d'un relâchement des contraintes. Cette fois, pas question de décréter un nouveau confinement ou couvre-feu. Si l'Europe est redevenue, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "l'épicentre de l'épidémie", avec probablement un demi-million de morts supplémentaires d'ici à février, et que des pays comme l'Allemagne voient le nombre de cas exploser, la France semble pour l'heure relativement épargnée. 

Surtout, elle dispose des outils pour combattre le fléau grâce d'abord à une couverture vaccinale parmi les plus élevées au monde (75% de la population totalement vaccinée). Mais la cadence de l'été est retombée, avec l'impression d'avoir désormais atteint un plafond de verre. 

Les indicateurs se dégradent 

À l'approche de l'hiver, le rebond est bien là. En cause, la baisse des températures, la vaccination qui plafonne et le relâchement des gestes barrières. "Toutes les régions sont touchées", résume Patrick Rolland, de la direction des régions de Santé publique France. 

Avec 41.420 nouveaux cas de Covid-19 la semaine du 25 au 31 octobre, le taux d'incidence était de 62 cas pour 100.000 habitants, au-dessus du seuil d'alerte fixé à 50 (+12% en une semaine), selon le point hebdomadaire de l'agence sanitaire. "Ce taux d'incidence est en hausse pour la troisième semaine consécutive", précise à Nicolas Methy, épidémiologiste à Santé Publique France. 




Autre indicateur clé : le taux de reproduction, qui mesure le nombre moyen de cas secondaires provoqués par une seule personne infectée, est "au-dessus de 1" depuis trois semaines également, un seuil qui marque une relance de l'épidémie. Le R-effectif s'élève à 1,16, contre 1,14 la semaine précédente. 

C'était à prévoir 

Santé publique France relève aussi une "augmentation de l'âge moyen des cas et des personnes contacts" depuis la semaine du 13 septembre, "devant appeler à la vigilance et à la réalisation d'un rappel de vaccination dans les populations concernées". Le masque est par ailleurs redevenu obligatoire cette semaine dans les écoles de 39 départements où les élèves avaient pu l'ôter. 




Cette reprise s'est amorcée depuis le mois dernier. Comment expliquer ce regain ? "C'était prévisible" pour plusieurs raisons, a avancé vendredi sur France 2 Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris. "La vaccination : elle plafonne, on n'a pas fait le plein. Les conditions hivernales : moins de ventilation, plus de regroupements, et la baisse des gestes barrières". 

"C'est maintenant que ça se joue"

"On pouvait s'y attendre à la rentrée, compte tenu de la contagiosité du variant delta, de l'efficacité vaccinale, qui ne suffit pas à elle seule à contenir l'épidémie, et d'une couverture vaccinale incomplète", confirme l'épidémiologiste Mircea Sofonea. La question était plutôt de prédire quand aurait lieu ce rebond. Il arrive en France plus tard que dans d'autres pays européens, notamment ceux de l'Europe de l'Est, beaucoup moins vaccinés. Ou même que chez les voisins du Nord, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, où le froid est arrivé plus tôt, et dans une certaine mesure l'Allemagne, moins vaccinée.

La situation en France est-elle très inquiétante ? "Pas pour le moment", rassure Mircea Sofonea, car "on connaît maintenant les leviers pour agir". "C'est maintenant que ça se joue", insiste l'épidémiologiste. "Si on reste au niveau de circulation actuel du virus, on peut espérer que l'activité hospitalière augmente sans envisager de saturation", souligne-t-il. Mais "si le taux de reproduction continue à augmenter, il pourrait y avoir des situations de tension localement", nuance-t-il. 

La 3e dose obligatoire ? 

Le 12 juillet, lors de sa dernière allocution - hormis celle consacrée à la crise afghane -, Emmanuel Macron avait annoncé la fin des tests gratuits et l'extension du pass sanitaire dont le Parlement vient de valider le possible recours jusqu'au 31 juillet. Cela avait donné un grand coup de fouet à la campagne de vaccination. C'est aussi l'un des objectifs de l'intervention de mardi, qui abordera la question épineuse de la troisième dose. Pour l'instant, moins de la moitié des personnes éligibles, les plus de 65 ans et les plus fragiles, ont reçu leur dose de rappel. Faut-il rendre la vaccination obligatoire pour cette catégorie de population ? Conditionner la validité du pass sanitaire à une troisième dose ? Annoncer un plan pour une troisième dose pour tous, comme en Israël et bientôt en Allemagne ?

"La discussion est clairement sur la table, il y aura un Conseil de défense mardi matin et le président de la République en tirera les conséquences", a souligné le député LREM Sylvain Maillard samedi sur sur BFMTV. Vendredi, le Premier ministre Jean Castex a confirmé à l'AFP que l'exécutif réfléchit en priorité à la piste d'un pass conditionné à une troisième dose. 

La relance et les réformes, au menu aussi 

Pour l'épidémiologiste Dominique Costagliola "cette troisième dose pour l'ensemble de la population est sans urgence". "Le problème, ce sont les gens qui ne sont pas du tout vaccinés", ajoute-t-elle sur France Inter. Alain Fischer, le "Monsieur vaccination" du gouvernement, insiste aussi dans le JDD sur les priorités, une troisième injection pour les plus fragiles et convaincre les "13% des plus de 80 ans non vaccinés".

Comme le 12 juillet, Emmanuel Macron, qui n'a pas encore dit s'il va se représenter, va aussi évoquer la relance économique et faire un point sur les réformes comme celle des retraites. Il ne devrait pas non plus se priver de mettre en avant son bilan économique. 

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