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L'exécutif en fait-il assez pour l'emploi des jeunes ?




L'exécutif en fait-il assez pour l'emploi des jeunes ? ©Ludovic MARIN / AFP

publié le mercredi 03 novembre 2021 à 07h00

Un "contrat" plutôt qu'un "revenu d'engagement". L'exécutif a présenté, mardi 2 novembre, son dispositif pour les jeunes recentré sur les plus éloignés de l'emploi, avec l'objectif d'aider au moins 400.000 d'entre eux en 2022. 




Emmanuel Macron a levé le voile, dans un message posté sur les réseaux sociaux, sur les détails de cette mesure qu'il avait esquissée le 12 juillet, et dont la présentation se faisait attendre depuis la rentrée.

En cause, une bataille entre le ministère du Travail, qui militait pour l'extension la plus large possible, et Bercy, qui cherchait à en limiter le coût. Le "Contrat d'engagement jeune" s'adresse aux jeunes "depuis trop longtemps sans emploi, souvent sans ressources, sans perspectives", a expliqué Emmanuel Macron. 

Jusqu'à 500 euros par mois 

Concrètement, il proposera aux moins de 26 ans sans formation ni emploi depuis plusieurs mois une allocation allant jusqu'à 500 euros par mois, en échange de 15 à 20 heures par semaine de formation ou d'accompagnement, pour une durée de 6 à 12 mois. Cette allocation sera versée "sous condition de revenus, d'assiduité et d'acceptation des offres d'activité faites", a souligné le chef de l'État.

Au cours d'un déplacement à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), le Premier ministre Jean Castex a précisé que le gouvernement se fixait pour objectif d'accompagner "au moins 400.000 jeunes en 2022 grâce au Contrat d'engagement jeune". L'exécutif identifie "500.000 jeunes en situation d'éloignement durable de l'emploi", parmi le million de jeunes NEET (ni en emploi ni en formation ni en études). 

Plusieurs dispositifs fusionnés 

La mesure refond et "harmonise" des dispositifs existants, notamment la Garantie jeunes, opérée par les missions locales et qui peut durer de neuf à 18 mois, et l'Accompagnement intensif des jeunes (AIJ), piloté par Pôle emploi, qui s'étend sur six mois maximum. Le nouveau système promet un accompagnement "plus intensif" et plus individualisé, qui pourra désormais être dispensé par les 900 agences de Pôle emploi et les 1.400 missions locales, ainsi que par d'autres organismes publics ou privés.

Le financement du dispositif "s'appuiera d'abord sur les crédits du plan '1 jeune, 1 solution', dont il mobilisera une part estimée à 2 milliards d'euros", a précisé Jean Castex. "Mais cette somme ne suffira pas", a-t-il ajouté en annonçant un supplément de crédits de 550 millions d'euros inscrit par amendement au projet de budget 2022. 

"Ramener les jeunes à l'emploi"

Pour éviter toute confusion avec un RSA jeunes dont il ne veut pas, l'exécutif a choisi le terme de "contrat d'engagement" plutôt que celui de "revenu d'engagement", utilisé le 12 juillet par le président. "Installer les jeunes de 18/25 ans dans une allocation permanente, ce n'est pas notre approche. Notre approche c'est de ramener les jeunes à l'emploi", a fait valoir Jean Castex devant le groupe LREM à l'Assemblée, en se défendant de toute "approche électoraliste". 

Ce qui n'empêche pas l'opposition de droite de voir rouge à l'approche de la présidentielle. "On a un président qui ne se soucie pas du long terme, il fait campagne avec le chéquier de la France tous les jours et ça, c'est insupportable", a déploré sur France 2 Xavier Bertrand, qui espère représenter la droite à la présidentielle. 

"Dès le départ, les ambitions étaient bien trop basses" 

Pour les partis de gauche, les associations et les syndicats, en revanche, le compte n'y est pas. "La macronie est un paradis artificiel tout en com", a fustigé sur Twitter le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, dénonçant une allocation à "5 euros de l'heure". Pour le porte-parole des députés socialistes, Boris Vallaud, "une fois de plus, le président semble faire mais fait semblant" et "beaucoup de jeunes resteront sans solution et dans la difficulté". 

"On est très loin des annonces du 12 juillet (...) et de l'ambition de garantie universelle", a regretté Antoine Dulin, le président de la commission de l'insertion des jeunes au Conseil d'orientation des politiques de jeunesse. Il avait été envisagé cet été que la mesure concerne un million de jeunes voire plus, certains souhaitant l'inclusion des travailleurs précaires et de la totalité des jeunes sans emploi ni formation. "Dès le départ, les ambitions étaient bien trop basses. Concernant les étudiants, rien n'est fait, rien n'est annoncé", a critiqué la présidente de l'Unef (Union nationale des étudiants de France), Mélanie Luce, sur RTL.

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