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Climat : faut-il interdire certains vols ?




Climat : faut-il interdire certains vols ?
Selon Greenpeace, la réduction du trafic aérien est "incontournable" dans le cadre de la limitation du réchauffement climatique.

publié le jeudi 28 octobre 2021 à 07h00

Alors que le secteur aérien est un gros émetteur de CO2, Greenpeace propose d'interdire les vols pour lesquels une alternative en train de moins de six heures existe.

Bientôt la fin des Paris-Nice ou des Paris-Toulouse en avion ? Pour lutter contre le réchauffement climatique, Greenpeace propose d'interdire les vols pour lesquels une alternative en train de moins de six heures existe. Selon un étude publiée mercredi 27 octobre par l'ONG, c'est le cas d'un tiers des vols les plus fréquentés dans l'Union européenne.

Cela permettrait d'économiser 3,5 millions de tonnes de CO2.

Selon l'organisation, la réduction du trafic aérien est "incontournable" dans le cadre de la limitation du réchauffement climatique à 1,5°C. Il faut donc "redynamiser le transport ferroviaire", "parent pauvre des politiques publiques européennes".



Les vols de moins de 1.500 kilomètres représentent un quart des émissions du secteur aérien européen, constate Greenpeace dans cette étude commandée au cercle de réflexion OBC Transeuropa. Or 51 des 150 vols court-courrier les plus fréquentés dans l'Union européenne (hors liaisons insulaires), soit 34% d'entre eux, disposent déjà d'une alternative ferroviaire de moins de six heures. Les trois liaisons les plus fréquentées dans l'UE (Paris-Toulouse, Paris-Nice et Athènes-Thessalonique) en font d'ailleurs partie. L'étude ne précise toutefois pas la proportion de passagers empruntant ces liaisons aériennes pour des correspondances.

Vingt-et-une liaisons disposent même d'une alternative ferroviaire de moins de quatre heures, y compris certaines liaisons internationales comme Amsterdam-Paris, Amsterdam-Francfort, Bruxelles-Francfort et Paris-Francfort, note le rapport. Plus d'un quart (27%) des 150 liaisons les plus fréquentées disposent par ailleurs d'une alternative en train de nuit direct.

"On émet 10 fois plus d'équivalent CO2 quand on fait Paris-Amsterdam en avion plutôt qu'en train, alors que ce trajet peut se faire en moins de 3h30 en train", note Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports à Greenpeace France, citée dans un communiqué.


"La réduction du trafic aérien est incontournable pour tenir les objectifs climat de l'Accord de Paris, et la suppression des vols courts constitue un premier pas à cet égard", plaide-t-elle. Le bénéfice climatique de la décision française d'interdire les liaisons aériennes intérieures, hors correspondances, lorsqu'il existe une alternative en train en moins de 2h30 est selon Greenpeace "trop limité".

Le secteur aérien mondial a émis 900 millions de tonnes de CO2 en 2019, soit environ 2,5% des émissions mondiales. Greenpeace convient que "la limitation des vols courts (moins de 1.500 km), nationaux et européens, ne suffira pas à mettre le secteur aérien sur les rails de l'Accord de Paris (mais) il s'agit d'un point de départ non négligeable".

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