La question du jour :

Comprenez-vous que les chasses traditionnelles d'oiseaux restent autorisées ?




Comprenez-vous que les chasses traditionnelles d'oiseaux restent autorisées ?
Un ortolan prisonnier d'un piège de braconneurs prise le 30 août 2009 à proximité de Tartas (Landes).

publié le samedi 16 octobre 2021 à 07h00

Huit arrêtés sont parus au Journal officiel vendredi 15 octobre, autorisant des chasses d'oiseaux dites traditionnelles par piégeage, malgré une décision du Conseil d'État qui les jugeait illégales. Des associations de protection des animaux s'indignent. 

Début août, le Conseil d'État annulait plusieurs autorisations de chasse des vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs avec des filets (pantes, tenderies) ou de cages (matoles).

La plus haute juridiction administrative française estimait "que ces autorisations délivrées par le ministre chargé de l'environnement ne sont pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux".




La directive européenne "oiseaux" de 2009 interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction d'espèces. Une dérogation est possible "à condition d'être dûment motivée et dès lors 'qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante' pour capturer certains oiseaux", rappelait le Conseil d'État.

Macron accusé de vouloir s'attirer les voix des chasseurs 

Le gouvernement a toutefois décidé de reprendre huit arrêtés pour la saison de chasse 2021-2022. Ils autorisent "la capture des vanneaux huppés et des pluviers dorés au moyen de tenderies aux filets" et la "tenderie (nœud coulant) aux grives et aux merles noirs" dans les Ardennes, "la capture de l'alouette des champs au moyen de matoles" dans les Landes et en Lot-et-Garonne, et "la capture de l'alouette des champs au moyen de pantes" en Gironde, dans les Landes, en Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques. 

Les associations voient dans cette mesure un geste envers l'électorat très courtisé des chasseurs, qui ont manifesté par milliers mi-septembre. "C'est une décision du président de la République imposée aux ministres de l'Écologie", commente la Ligue de protection des oiseaux (LPO), alors qu'il est déjà reproché à Emmanuel Macron plusieurs largesses à l'égard des chasseurs pour s'assurer leur vote. 

Les chasseurs se félicitent 

"Ce n'est pas très classe de prendre ces arrêtés un vendredi pour gagner un week-end de chasse", avait estimé jeudi le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg, lors d'une rencontre avec la presse. Il faut compter deux à trois semaines pour que le Conseil d'État se prononce. La LPO annonce avoir attaqué ces nouveaux arrêtés devant le Conseil d'État, tout comme l'association One Voice. 

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), salue "l'arbitrage sans ambiguïté du président de la République en faveur des chasses traditionnelles". La FNC se félicite "d'une collaboration studieuse avec les services du ministère de la Transition écologique". L'association de chasseurs fait valoir que "le Conseil d'État n'a jamais dit que les chasses traditionnelles étaient illégales mais il a considéré que les arrêtés nationaux concernés n'étaient jusqu'à présent pas suffisamment motivés". 

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