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Retraites : faut-il repousser l'âge de départ ?




Retraites : faut-il repousser l'âge de départ ?
L'ancien Premier ministre Édouard Philippe évoque un report de l'âge de départ à la retraite jusqu'à 67 ans.

publié le vendredi 01 octobre 2021 à 07h00

L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a jeté un pavé dans la mare en évoquant un âge de départ à la retraite jusqu'à 67 ans




Pour réduire la dette de la France, la réforme des retraites serait "la première" à faire", affirme le maire du Havre dans un entretien à Challenges. À quelques jours de créer son propre parti, le 9 octobre dans sa ville, l'élu met l'accent sur le poids de la dette publique, "une question fondamentale de souveraineté nationale" selon lui. "Nous préférons continuer à danser au-dessus du volcan que prendre les mesures, drastiques - et parfois amères -, qui s'imposent", regrette-t-il, estimant ainsi que "la première réforme à faire est celle des retraites".

"La seule solution raisonnable est donc d'allonger la durée de vie active"

Édouard Philippe avait amorcé cette réforme lors de son passage à Matignon, activant même l'article 49-3, avant de stopper la machine avec la crise du Covid. "À près de 330 milliards (d'euros), les pensions constituent de loin le premier poste budgétaire - plus d'un quart de la dépense publique - et le premier foyer d'économies possibles", souligne-t-il. Parmi les leviers à disposition, "la seule solution raisonnable est donc d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", estime-t-il.

"Ce n'est pas une mesure facile à porter, cela peut être progressif, mais ceux qui promettent de régler la question des retraites sans augmenter la durée de la vie active mentent aux Français", insiste-t-il. L'ancien chef du gouvernement avance aussi la possibilité de ne pas fusionner les 42 régimes de retraites en un seul - comme initialement envisagé par Emmanuel Macron - mais d'en conserver trois : "les salariés du privé, les fonctionnaires et les indépendants".

Pas à l'ordre du jour, selon Castaner 

Parmi les autres pistes d'économies selon lui, la réduction du nombre de fonctionnaires dans les collectivités locales. Le revenu d'engagement pour les jeunes, promis par Emmanuel Macron, le laisse en revanche dubitatif. Il juge que ce dispositif pourrait "désinciter à l'entrée sur le marché du travail". 

Interrogé sur France Inter sur la retraite à 67 ans, le patron des députés LREM Christophe Castaner estime qu'un tel report n'est pas "nécessaire au moment où on se parle (avec) les informations que nous avons". Mais "cela se construit et la campagne présidentielle doit nous permettre d'aborder cela". Christophe Castaner relève que "des pays voisins l'ont fait : l'Allemagne, l'Italie". 

"La réforme des retraites sera au coeur de la campagne"

Pour la députée et présidente déléguée de LREM Aurore Bergé, invitée de Sud Radio, "tout ce qu'on a dit sur la nécessité de transformer notre système de retraite reste complètement d'actualité". "La réforme des retraites sera au coeur de la campagne" présidentielle, abonde François Bayrou, le président du MoDem, allié de la majorité, sur BFMTV et RMC

L'opposition de gauche fustige les propos d'Édouard Philippe, qui n'ont, selon le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "qu'un seul mérite, celui de la clarté : la dette c'est pour les retraités; et pour tous ceux qui ne trouvent pas de boulot après 50 ans, ce sera l'assurance chômage au rabais puis la misère en attendant 67 ans".

"Pourquoi s'arrêter à 67 ans ? 70, 80, 90 ans ?"

"Dans un pays qui est déjà bien agité, bien fatigué démocratiquement, ce serait une bombe de faire un truc pareil", avertit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, sur Franceinfo. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée "toujours en serrant les boulons et en promettant de la sueur et des larmes, ça ne marchera pas". "Il faut que l'on comprenne que cela ne marchera pas aujourd'hui dans notre pays d'avoir des logiques punitives". 




"Pourquoi s'arrêter à 67 ans ? 70, 80, 90 ans ? L'idéal serait que les gens crèvent au travail, non ? Beau projet de société", réagit sur Twitter Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris et directeur de campagne du candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel. 

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