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Campagne présidentielle : faut-il modifier les règles de financement ?




Campagne présidentielle : faut-il modifier les règles de financement ?
Marine Le Pen le 12 septembre 2021, sur le plateau du 20H de TF1.

publié le samedi 18 septembre 2021 à 07h00

Face aux difficultés pour certains partis, dont le sien, de financer la campagne présidentielle, la candidate du Rassemblement national demande chef de l'Etat de "saisir très rapidement le Parlement afin d'ouvrir de nouvelles possibilités de financement".

Candidate pour la troisième fois à l'élection présidentielle, Marine Le Pen connaît de nouveau des problèmes de financement de sa campagne. A sept mois du scrutin, la candidate du Rassemblement national a écrit à Emmanuel Macron pour "l'alerter" sur ces difficultés.




"Bon nombre de candidats potentiels à l'élection présidentielle, certains représentant des courants de pensée importants, se retrouvent confrontés à une quasi-impossibilité de trouver des financements" auprès des banques, écrit la députée du Pas-de-Calais dans un courrier au président de la République daté du 2 septembre, obtenu jeudi 16 septembre par l'AFP après sa publication par l'hebdomadaire Challenges.

"Les possibilités de financement des campagnes électorales se sont singulièrement réduites, ainsi les candidats ne peuvent même plus faire appel aux prêts des citoyens pour financer leur campagne présidentielle", déplore Marine Le Pen.

"La contrepartie était la création d'une banque de la démocratie", idée soutenue par le Haut commissaire au plan et allié d'Emmanuel Macron, François Bayrou, qui n'a "pas vu le jour, mais les restrictions sont, elles, toujours en vigueur", fustige-t-elle. 

En l'occurrence depuis 1962, un candidat à la présidentielle ne peut pas contracter de prêt auprès d'un particulier, selon la CNCCFP (commission des comptes de campagne). En outre depuis la loi "pour la confiance dans la vie politique" de 2017, il ne peut pas emprunter d'argent à des banques non européennes, ni à des entreprises privées, mais peut emprunter à des partis politiques.

Pour remédier à ces difficultés, Marine Le Pen demande au président de la République de "saisir très rapidement le Parlement afin d'ouvrir de nouvelles possibilités de financement pour les campagnes électorales et permettre ainsi un sain débat démocratique".

"Aujourd'hui, nous avons des difficultés à financer notre campagne présidentielle. Il est presque impossible pour nous de trouver des prêts bancaires en France", a admis vendredi matin sur franceinfo Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national et député du Nord.




Pour la campagne présidentielle de 2017, le RN, qui s'appelait encore Front national à cette époque, avait notamment eu recours à un prêt russe de 9 millions d'euros contracté en 2014, qu'il est toujours en train de rembourser. Le FN avait aussi emprunté 6 millions d'euros au micro-parti Cotelec de Jean-Marie Le Pen, et 8 millions d'euros à un homme d'affaires très implanté en Afrique, Laurent Foucher. Le parti re-prête ensuite ces sommes à la candidate.

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