La question du jour :

Faut-il expulser les Afghans soupçonnés de liens avec les talibans ?




Faut-il expulser les Afghans soupçonnés de liens avec les talibans ?
Des réfugiés afghans contrôlés par les soldats français aux Emirats arabes unis le 23 août 2021.

publié le mercredi 25 août 2021 à 07h00

C'est ce que réclament plusieurs personnalités de droite, de Xavier Bertrand à Marine Le Pen. 

Plusieurs personnalités de droite ont pris position pour une expulsion des Afghans rapatriés en France, soupçonnés de liens avec les talibans. Un réfugié afghan, présumé proche des talibans par les autorités françaises, a été placé sous surveillance ainsi que quatre autres rapatriés proches de lui, a appris lundi 23 août l'AFP auprès du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Ces cinq hommes ont fait l'objet d'une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes. Un homme a particulièrement retenu l'attention des autorités : "même si cette personne a très largement aidé à l'évacuation de l'ambassade de France, nous pensons qu'il peut être lié aux talibans", a expliqué le ministre à l'AFP. 


Selon l'arrêté pris par le ministre et consulté par l'AFP, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. "Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquêtes de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a ajouté le ministre. L'homme "risquait des représailles importantes suite à son aide sur place", a précisé une source proche du dossier.

"Expulser en urgence absolue"

Les révélations du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ont fait réagir plusieurs personnalités de droite réclamant notamment l'expulsion des cinq Afghans mis en cause. "Le gouvernement doit expliquer aux Français ce qui empêcherait d'expulser en urgence absolue ces individus", a réagi sur Twitter Xavier Bertrand, candidat de droite à la présidentielle. "Le droit doit s'adapter aux besoins de notre sécurité. Pas l'inverse".  

"Dans l'avion français évacuant des Afghans se trouvaient 5 individus soupçonnés d'être membres des Talibans. Si c'est vrai, ils n'ont rien à faire sur notre territoire et doivent être expulsés sans délai !", a tweeté Valérie Pécresse, président de la région Ile-de-France et également candidate à la présidentielle. 

Le député LR Eric Ciotti a appelé de son côté "le gouvernement à contrôler bien plus sévèrement les rapatriements". 

Pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, "le 'devoir' d'accueil de la France passe en second plan quand la sécurité des Français est menacée. Cet impératif tombe sous le sens sauf pour... le gouvernement !". 

La maire LR de Noisy-le-Grand Brigitte Marsigny s'est dite quant à elle "stupéfaite en apprenant hier soir par voie de presse que des Afghans, sous surveillance de la Direction générale de la sécurité extérieure pour des liens présumés avec les talibans, étaient potentiellement présents à Noisy-le-Grand". 

Des propos repris par le numéro deux du RN Jordan Bardella. "Dans n'importe quel pays du monde, un 'réfugié' radicalisé ne serait pas surveillé et protégé par l'Etat, mais expulsé !", écrit-il sur Twitter. 



"Pas de failles" 

Ce mardi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal annonçait le placement en garde à vue de l'un des cinq hommes placés sous surveillance, un proche de l'indivdu qui a reconnu son appartenance au mouvement taliban. L'homme en garde à vue n'a pas respecté son assignation à résidence. Il n'a été "en fuite" que "pendant quelques minutes. Il est sorti de la zone que la DGSI lui avait demandé de garder", a précisé Gérald Darmanin sur Franceinfo.

"Il n'y a pas eu de failles" a-t-il insisté. "Il s'agit de rapatrier sur le sol national 600 d'abord, puis 1 000 Afghans qui ont aidé la France : des traducteurs, des juristes, des journalistes. C'est eux que nous avons ramenés. Il ne s'agit pas de flux de migrants, mais de la France qui protège ceux qui ont aidé les Français à pouvoir vivre dans ce pays et à pouvoir faire le travail de la diplomatie française, à protéger les journalistes. On devrait laisser ces Afghans-là sur l'aéroport de Kaboul, se faire égorger par les talibans ?", a-t-il poursuivi au micro de la radio publique. 


A l'arrivée du vol à Abu Dhabi, la Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) "a fait le travail qu'elle n'avait pas pu faire à Kaboul" en menant des entretiens de sécurité, avait lundi expliqué Gérald Darmanin à l'AFP. A son arrivée en France ce week-end, il s'est vu notifier la Micas, tout comme trois de ses proches "pour l'heure non directement soupçonnés". Quant au cinquième homme, "on a vu après une enquête DGSI qu'il avait des liens avec ces personnes bien qu'étant venu séparément", a détaillé le ministre. 

Les cinq sont sous "surveillance de la DGSI" et font l'objet de mesures de "restriction de liberté", a-t-il précisé. "Je n'ai pas eu d'autres remontées de la DGSI" quant à d'autres ressortissants pouvant être concernés par de telles mesures, a-t-il ajouté. "Cependant nous sommes extrêmement attentifs".

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