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Prêtre tué en Vendée : estimez-vous, comme plusieurs voix de l'opposition, que la politique migratoire est "laxiste" ?




Prêtre tué en Vendée : estimez-vous, comme plusieurs voix de l'opposition, que la politique migratoire est "laxiste" ?
Selon le compte-rendu du magistrat, le suspect s'est rendu en milieu de matinée à la brigade de gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre.

publié le mardi 10 août 2021 à 07h00

Le suspect de l'assassinat du prêtre en Vendée est un homme de nationalité rwandaise. Il est le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020.

Lundi 9 août, un prêtre a été tué en Vendée, dans une communauté religieuse.

Le suspect, Emmanuel Abayissenga, de nationalité rwandaise, était hébergé dans cette communauté religieuse. Il est le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020. Il s'est lui-même rendu ensuite à la gendarmerie pour se dénoncer.



L'homme était sorti le 29 juillet d'une hospitalisation en psychiatrie où il avait été soigné pendant plus d'un mois, selon le vice procureur de La-Roche-Sur-Yon, Yannick Le Goater.

Le drame a aussitôt fait l'objet de polémiques politiques, à huit mois de l'élection présidentielle. Des personnalités politiques de droite et d'extrême-droite ont réagi.

Un "épouvantable échec de l'État"

La présidente de Rassemblement national Marine Le Pen, a vu dans cet assassinat la "faillite complète de l'Etat et de Gérald Darmanin" et dénonçant le fait que son auteur n'ait pas été expulsé après l'incendie de Nantes.


Le ministre de l'Intérieur a répliqué sans tarder sur Twitter : "Cet étranger n'était pas expulsable malgré son arrêté d'expulsion tant que son contrôle judiciaire n'était pas levé". Il a accusé Marine Le Pen de "polémiquer sans connaître les faits".


"Après ce drame, votre seule réponse c'est le mépris, l'arrogance, le 'c'est pas de ma faute'", a ensuite riposté la présidente du RN. "Ce clandestin était expulsable depuis 2019 ! Les Français veulent de la fermeté, pas ce bavardage puéril d'un ministre qui se défausse. Faites votre travail", a-t-elle continué.

Pour l'eurodéputé RN Jérôme Rivière, le "le laxisme de Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti tue. Ils doivent rendre des comptes !"


A droite, la candidate à la présidentielle Valérie Pécresse (Libres, ex-LR) s'est dite "bouleversée", estimant qu'il "aurait dû avoir quitté le territoire depuis 2019", tandis que Xavier Bertrand (ex-LR), lui aussi candidat, a fait part de son "effroi" après cet assassinat "qui frappe au cœur les catholiques à quelques jours de l'Assomption".




"Cet homme n'aurait jamais dû entrer en France et encore moins y rester après l'incendie de la cathédrale de Nantes. (...) Nous avons sous les yeux les conséquences de nos lâchetés et nos aveuglements", a de son côté jugé le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, tandis que le député LR des Alpes-maritimes Eric Ciotti dénonçait "le laxisme de ce pouvoir et de son prédécesseur socialiste".

 


Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, s'est interrogé : "Mais que faisait encore cet individu en France ?", et le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé a dénoncé un "épouvantable échec de l'État".

Le suspect faisait l'objet de trois arrêtés de reconduite à la frontière depuis son arrivée sur le territoire national illégalement en 2012. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a expliqué lundi que "la décision d'expulsion du territoire national n'a pas pu être exécutée puisque l'individu "a été pendant plusieurs mois en prison, puis libérée sous contrôle judiciaire, et ce contrôle judiciaire prévoyait explicitement qu'il ne pouvait pas quitter le territoire national en attendant la décision de justice", a-t-il précisé.

La victime est décédée après avoir reçu des coups

Selon le compte-rendu du magistrat, le suspect s'est rendu en milieu de matinée à la brigade de gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre. Il a remis une clé aux gendarmes avec laquelle ceux-ci, après s'être déplacés dans la communauté religieuse, ont ouvert une porte et découvert le corps sans vie du religieux né en 1960. "Il a ajouté (aux gendarmes) qu'il fallait le mettre en prison", a indiqué le vice-procureur.

Yannick Le Goater a précisé que le suspect avait été incarcéré du 20 juillet 2020 au 31 mai 2021, dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de la cathédrale de Nantes, le 18 juillet 2020. Il avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire, avec une obligation de résidence au sein de la communauté religieuse ainsi que l'obligation de pointer deux fois par mois à la gendarmerie.

Le 20 juin dernier, la "brigade (de gendarmerie) avait été sollicitée" par la victime, le père supérieur de la communauté, car le suspect "voulait quitter son hébergement" contraint, a précisé Yannick Le Goater.

Cette initiative de la victime, née et grandie à Besançon, selon ses proches, avait entraîné l'hospitalisation en soins psychiatriques du suspect.

Selon les premiers éléments, la victime est décédée après avoir reçu des coups, d'après une source policière. L'autopsie permettra de préciser les causes de la mort.

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