La question du jour :

Éric Zemmour devrait-il se présenter à la présidentielle de 2022 ?




Éric Zemmour devrait-il se présenter à la présidentielle de 2022 ?
Des affiches encourageant la candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle de 2022, le 29 juin à Paris.

publié le jeudi 01 juillet 2021 à 07h00

L'éditorialiste va-t-il se lancer dans la course ? La rumeur se fait de plus en plus insistante. Alors que des partisans d'Éric Zemmour ont collé des milliers d'affiches encourageant sa candidature, l'éditeur Albin Michel indique avoir mis fin au contrat qui les liait car l'éditorialiste du Figaro et de CNews voudrait être candidat à la prochaine présidentielle. Éric Zemmour a démenti

La maison d'édition Albin Michel a indiqué, mardi 29 juin, avoir rompu avec le polémiste. Albin Michel a publié cinq de ses ouvrages, dont "Le Suicide français" en 2014, grand succès de librairie. Mais "les Éditions Albin Michel ne publieront pas le prochain livre" de cet auteur, expliquent-elles dans un communiqué. "Nous avons eu un échange très franc avec Éric Zemmour qui m'a récemment confirmé son intention de s'engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clé de sa candidature", précise le président de la maison d'édition, Gilles Haéri. "Éric Zemmour a décidé de changer de statut, il veut devenir un homme politique, engagé dans un combat idéologique personnel qui ne correspond tout simplement pas à la ligne éditoriale d'une grande maison généraliste comme Albin Michel", ajoute l'éditeur. 




Des propos démentis par le journaliste mercredi. "Éric Zemmour dément formellement avoir dit à Gilles Haeri qu'il était candidat à l'élection présidentielle de 2022", écrit-il dans un communiqué transmis à l'AFP. "Cette conversation inventée laisse à penser que le patron des éditions Albin Michel a été l'objet de diverses pressions", juge Éric Zemmour, qui "se réserve le droit de donner les suites judiciaires qui conviennent à cette affaire". 

Soutenu par Philippe de Villiers 

Lundi, sur CNews, il a déjà protesté contre la décision d'Albin Michel, précisant que le livre en question était "presque terminé" en vue d'une sortie en septembre. D'après Le Point, il pourrait trouver un éditeur au sein du groupe Éditis, qui a le même actionnaire principal que la chaîne CNews, Vivendi. Mardi soir, l'ancien ministre souverainiste Philippe de Villiers a annoncé que, "par solidarité avec Éric Zemmour", il avait "décidé de quitter Albin Michel pour (son) prochain livre". "Je suis stupéfait qu'un auteur d'une telle qualité soit censuré", regrette le fondateur du Puy du Fou sur Twitter. 




Éric Zemmour n'a jamais fait part explicitement d'un projet de candidature à l'élection présidentielle, mais beaucoup lui prêtent cette intention. L'échec du Rassemblement national aux élections régionales, qui contrarie la dynamique de Marine Le Pen pour 2022, redonne des ailes aux soutiens du polémiste et renforce l'hypothèse de sa candidature en 2022. 

Joute avec Marine Le Pen

"Zemmour président". Plusieurs centaines de ses partisans, conduits par un jeune LR, ont opportunément collé avec ce slogan des affiches dans un millier de communes, juste après le second tour des régionales, où le RN a subi un net recul. "Voilà un lendemain d'élection qui chante", s'est réjoui le maire d'Orange Jacques Bompard, ex-FN, en tweetant une photo des affiches dans sa ville. 




Dès le lendemain du premier tour, Éric Zemmour lui-même n'a pas manqué de critiquer le parti de Marine Le Pen. En "invectivant" les électeurs pour qu'ils aillent voter, les dirigeants du RN sont comme "des rentiers qui réclament leurs dividendes", a-t-il tonné, en dénonçant la "stratégie de dédiabolisation" de Marine Le Pen qui la fait "parler comme Emmanuel Macron". Il l'accuse aussi d'avoir "purgé" ses opposants et d'être "loin de sa base". 

Il séduit plutôt dans les rangs de LR que du RN

Éric Zemmour "est devenu un candidat", lui répond Marine Le Pen, en déplorant "la violence et l"outrance" de ses déclarations, qui "démontrent qu'il considère le RN comme un concurrent politique". La présidente du RN avait déjà pris ses distances avec les propos "radicaux" du polémiste sur l'islam - qu'elle considère compatible avec la République - ou sa "croyance dans la guerre civile", craignant que sa candidature n'affaiblisse le "camp national". 

Pourtant, Éric Zemmour pourrait être davantage une aide qu'un handicap pour le RN, au vu d'un récent sondage Ifop pour Le Point, qui le crédite de 5,5% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, émanant d'abord de l'électorat LR plutôt que du RN. Si Éric Zemmour parvient à séduire, comme sur CNews, "les CSP+ et les seniors, qui votent peu pour le RN, au mieux il pourrait apporter ses points à Marine Le Pen au second tour", estime l'historien Nicolas Lebourg, en rappelant que "tous ceux qui ont tenté de concurrencer le Front national sont morts politiquement". 

Des airs de campagne 

Comme un pas de plus vers une candidature, le polémiste, qui réunit chaque semaine sur CNews entre 700.000 et 1 million de téléspectateurs, s'est récemment mis en scène dans des petites vidéos sur Twitter, dans la maison natale du général de Gaulle, ou sur une plage pour dire son opposition aux éoliennes. "Peut-être qu'il faut passer à l'action", avait-il lâché début juin, sur la chaîne YouTube "Livre noir", animée par des proches de Marion Maréchal.

Mais ses ambitions supposées sont déjà contrariées. Selon Politico, Éric Zemmour aurait demandé en vain à Patrick Stefanini, ex-directeur de campagne du conservateur François Fillon en 2017, de conduire la sienne. 

Condamnations 

Par ailleurs, il est visé par plusieurs accusations d'agressions sexuelles. En 2020, il a été condamné à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine, après sa diatribe contre l'islam et les immigrés "colonisateurs" en septembre 2019. "Dans une campagne électorale, on ne peut pas répondre 'c'est à cause de l'islam' à toutes les questions. Il faut avoir des arguments sur des questions industrielles", souligne dans L'Express Nicolas Lebourg.

CNews a aussi été condamné, en mars, à une amende du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de 200.000 euros après un autre dérapage sur les mineurs isolés. Mais tant qu'Éric Zemmour ne se sera pas déclaré candidat ou soutien d'un parti, le CSA ne lui décomptera pas son temps de parole.

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