La question du jour :

Régionales : irez-vous voter au second tour ?




Régionales : irez-vous voter au second tour ?
(Photo d'illustration)

publié le dimanche 20 juin 2021 à 23h30

Jamais les Français n'ont autant boudé les urnes : moins d'un tiers d'entre eux ont voté dimanche pour le premier tour des régionales et départementales, du jamais-vu hors référendum.

On s'attendait à un record, mais pas à ce niveau qui a surpris jusqu'aux spécialistes : selon les premières estimations des instituts de sondage, l'abstention atteindrait au premier tour des élections régionales entre 66,1% et 68,6%, au-dessus des 60% anticipés par les sondeurs. Ce qui signifie que jamais les Français n'ont autant boudé un scrutin depuis le référendum sur le quinquennat le 24 septembre 2000, le record absolu d'abstention sous la Ve République avec 69,8%.

Hors référendum, les pires scrutins, en terme de mobilisation électorale, étaient jusqu'à présent les élections européennes de 2009 (59,37%) et le 2e tour des élections municipales de juin 2020 (58,6%).



"Le niveau de l'abstention est particulièrement préoccupant", a réagi quelques secondes après 20H le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur son compte Twitter.

"Notre travail collectif doit être tourné vers la mobilisation des Français pour le second tour".



Invitée sur France 2, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a estimé que cette abstention invitait "toutes et tous à une forme d'humilité", et appelé à un travail d'introspection pour comprendre pourquoi "les débats ne parviennent pas à convaincre et à attirer suffisamment de Françaises et Français". 

"Personne ne peut sortir le champagne ce soir" face à cette "abstention abyssale", a renchéri le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, imputant la faible participation à la crise sanitaire du Covid-19 qui a empêché le tenue d'une campagne électorale en bonne et due forme.

La faute à l'exécutif ?

Une explication rejetée par l'opposition, de gauche comme de droite, qui a renvoyé la responsabilité de ce "triste record" à l'exécutif, épinglant la série de couacs - bureaux de vote fermés à Marseille faute d'assesseurs, bulletins manquants dans plusieurs villes - recensés ces derniers jours.

L'exécutif "a une responsabilité énorme", a dénoncé le patron des Républicains (LR) Christian Jacob sur TF1, jugeant "indignes d'une grande démocratie" les problèmes d'acheminement des professions de foi et propagandes électorales.

"Le gouvernement a une responsabilité", a abondé Jean-Luc Mélenchon sur Twitter, épinglant une "mauvaise organisation : tantôt les professions de foi qui n'arrivent pas, tantôt les bulletins pas présents dans les bureaux de vote".

Côté EELV, l'eurodéputé Yannick Jadot s'est inquiété d'une "forme de schisme qui s'installe", selon lui, "entre la classe politique et les Françaises et les Français". Sur France 2, l'écologiste a expliqué la forte abstention par "une incroyable incompréhension de ce que sont aujourd'hui nos collectivités". 

Même son de cloche côté PCF avec l'adjoint à la maire de Paris Ian Brossat qui a évoqué une "abstention de dingue". "Pas une seule élection depuis 2017 avec plus de 50% de participation. Quand on pense que Macron voulait "réenchanter la politique"...", a-t-il ironisé. 

Dans les rangs du Rassemblement national (RN), qui réalise des scores plus bas qu'attendu dans ce scrutin test à un an de l'élection présidentielle, la pilule a également du mal à passer. Il s'agit d'un "désastre civique" qui donne "une vision trompeuse des forces politiques en présence", a lancé sa présidente Marine Le Pen. "La distorsion des intentions de vote mesurées par les sondages avec les votes réels n'a qu'une seule explication : nos électeurs ne se sont pas déplacés. C'est pour cela que j'appelle au sursaut tous ceux qui veulent exprimer leur opposition à l'action de ce gouvernement".

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