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Retraites : faut-il "travailler plus longtemps" ?




Retraites : faut-il "travailler plus longtemps" ?
Le délégué général de LREM Stanislas Guerini, le 8 juillet 2020 à l'Assemblée nationale.

publié le vendredi 11 juin 2021 à 07h00

Alors que le débat sur la réforme des retraites, voulue par l'exécutif, revient sur le devant de la scène, le numéro un de La République en marche (LREM) Stanislas Guerini plaide pour que les Français travaillent "plus longtemps". Il assure par ailleurs que le calendrier n'est pas tranché. 

"C'est trop tôt pour dire si on va le faire avant ou après 2022", a indiqué Stanislas Guerini jeudi 10 juin sur Sud Radio.

Mais "je crois qu'il faut faire cette réforme de retraites et que, oui, il faut travailler plus longtemps", car c'est "le sens de l'Histoire".




Selon lui, "il y a trois manières de faire si on veut pérenniser notre système : soit on augmente les cotisations, c'est-à-dire les impôts - nous on a déjà dit très clairement qu'on n'augmentera pas les impôts dans ce quinquennat -, soit on baisse les pensions - et on a dit extrêmement clairement que nous ne voulions pas faire ça -, soit on travaille plus longtemps". "Mais ça veut dire aussi être en capacité de faire travailler les seniors, parce qu'on ne peut pas se contenter d'une situation où on a un chômage plus important qu'ailleurs pour les plus de 55 ans", a-t-il souligné.

"Un courage partagé" 

Aurore Bergé, présidente déléguée de LREM et numéro 2 sur la liste du parti présidentiel aux régionales dans les Yvelines, a plaidé jeudi, dans une vidéo sur le site du journal L'Opinion, pour poursuivre les réformes économiques, "notamment la question des régimes spéciaux de retraite" : "Je crois qu'il faut qu'on arrive à y mettre un terme".

Si Emmanuel Macron parvenait à faire voter une réforme des retraites avant l'élection présidentielle de 2022, "il mettrait dans la nasse une partie de la droite qui a souhaité cette réforme, mais on pourra dire qu'il aura pris son risque. Ce serait un courage partagé : à lui de la faire, à nous de la voter, si elle va dans le bon sens", commente Éric Woerth, le président LR de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, favorable à un âge de départ repoussé à 65 ans, dans un entretien au Huffington Post jeudi.

"Toutes les hypothèses sont sur la table"

Le président Macron a alimenté les spéculations début juin, en réaffirmant qu'il devra prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile". Sur le dossier des retraites, il souligne que "rien n'est exclu", mais que la réforme "très ambitieuse" qui était sur les rails avant d'être fauchée net par la crise du Covid ne pourra pas être "reprise en l'état". Les syndicats, eux, mettent en garde le gouvernement contre l'adoption d'une telle réforme avant 2022. 

Selon le patron des députés LREM, Christophe Castaner, "toutes les hypothèses sont sur la table" mais "aucune décision n'est prise", notamment concernant le calendrier. Tout en jugeant que le dossier doit faire partie des débats de la présidentielle, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux juge que "la réforme de l'assurance-chômage est plus urgente que celle des retraites".

"Le cœur de notre mobilisation aujourd'hui (...), c'est la question du travail", a abondé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en rapportant que, pour Emmanuel Macron, il faut "regarder sereinement les choses et dire la vérité à nos concitoyens".

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