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Condamnez-vous les propos de Jean-Luc Mélenchon ?




Condamnez-vous les propos de Jean-Luc Mélenchon ?
Jean-Luc Mélenchon le 14 janvier à Paris.

publié le mardi 08 juin 2021 à 07h00

Le chef de file des Insoumis et candidat à la présidentielle de 2022 a déclenché une nouvelle polémique en liant terrorisme et élection présidentielle. 

Après son "la République, c'est moi", lancé lors d'une perquisition houleuse au siège de La France Insoumise (LFI) en 2018, le candidat à l'Élysée est de nouveau dans la tourmente, accusé d'avoir tenu dimanche des propos complotistes, à moins d'un an de la présidentielle. "Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012 (auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, notamment dans une école juive), ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Élysées (en 2017, un jihadiste assassine le policier Xavier Jugelé).

Avant, on avait eu Papy Voise (Paul Voise, un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance", a déclaré le chef des Insoumis dans l'émission "Questions politiques" (France Inter/Le Monde/Franceinfo).

Ces propos ont aussitôt provoqué l'indignation, dans la classe politique mais aussi auprès de proches de victimes d'attentats, comme Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merah, et qui dénonce des propos "inadmissibles", réclamant du "respect pour les victimes". Patrick Klugman, l'avocat de Samuel Sandler, qui a perdu son fils et ses deux petits-fils, tués par Mohamed Merah, a menacé l'Insoumis de poursuites judiciaires s'il ne retirait pas ses propos, "d'une extraordinaire gravité".

"Un buzz affligeant"

Dans la classe politique, les condamnations viennent de toutes parts, de gauche à droite, en passant par le gouvernement. Les Insoumis, eux, s'affichent unis derrière leur dirigeant, regrettant une "instrumentalisation" de ses propos. 

Jean-Luc Mélenchon, de son côté, dénonce "un buzz affligeant" dans des messages dimanche sur les réseaux sociaux. Lundi, dans une vidéo mise en ligne sur YouTube, il pointe du doigt "une odieuse manipulation" et exprime sa "compassion pour les victimes et les familles des victimes" du terrorisme. "J'appelle les organisateurs de campagnes flétrissantes - militants politiques et médias - à mesurer leurs responsabilités dans ce contexte", ajoute-t-il. 

Le numéro 1 des Insoumis est coutumier des controverses, qu'il considère comme la défense d'un "système" contre sa candidature. Reste que cette polémique vient brutalement perturber le climat de sa pré-campagne, après une séquence jugée bonne par l'ensemble des Insoumis : la manifestation des policiers, à laquelle ils étaient les seuls à gauche à avoir clamé haut et fort ne pas vouloir participer. 

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