La question du jour :

Le pass sanitaire européen est-il une bonne idée ?




Le pass sanitaire européen est-il une bonne idée ?
Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères.

publié le lundi 24 mai 2021 à 07h00

Très attendu par les pays les plus dépendants du tourisme, et initialement suggéré par la Grèce, ce certificat est destiné à fournir un cadre harmonisé pour faciliter les déplacements dans l'Union cet été.
       
"A l'intérieur de l'Europe, il va y avoir normalement au 1er juillet le certificat numérique européen qui va permettre une bonne circulation, une facilité de circulation" au sein de l'UE, a confirmé Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI dimanche 23 mai, quelques jours après l'accord entre eurodéputés et Etats membres.


Ce certificat sera disponible sur l'application TousAntiCovid mais "vous pourrez le faire sur papier libre éventuellement", a précisé le chef de la diplomatie française.

L'horizon se dégage donc pour les voyages au sein de l'UE cet été malgré la pandémie.

"Un élément clé sur la voie d'une reprise des voyages"

Très attendu par les pays les plus dépendants du tourisme, et initialement suggéré par la Grèce, ce certificat est destiné à fournir un cadre harmonisé pour faciliter les déplacements dans l'Union cet été.

"Nous avons abouti sur ce nouvel instrument en un temps record pour sauvegarder la libre circulation pour tous les citoyens", s'est félicité le commissaire européen Didier Reynders, en charge du dossier.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a souligné que ce "Certificat numérique européen Covid" serait "un élément clé sur la voie d'une reprise des voyages de façon sûre et aisée à travers l'UE".

Ce document contiendra un code QR indiquant que son titulaire a été vacciné, qu'il a passé un test PCR ou antigénique rapide négatif ou qu'il est immunisé après avoir été infecté par le Covid-19. Il pourra être disponible sur smartphone mais aussi en version papier.

Les Etats membres auront l'obligation d'accepter les vaccins autorisés par l'Agence européenne des médicaments (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson and Johnson) mais seront libres d'en accepter d'autres, comme les vaccins russe Spoutnik ou chinois Sinopharm, utilisés en Hongrie.

L'accord devra être approuvé par le Parlement

"L'idée est de faciliter l'accès d'abord à ceux qui traversent souvent la frontière, pour aller travailler, à l'école, voir leur famille, et puis on regardera les catégories qu'on peut aider, on pense aux enfants qui accompagnent leurs parents pour des voyages", a expliqué à l'AFP Didier Reynders.

L'accès à des tests abordables "est important pour tous les Européens qui attendront encore d'être vaccinés dans les semaines et les mois à venir. Eux aussi doivent pouvoir voyager", a souligné le président du groupe Renew Europe (centristes et libéraux), Dacian Ciolos.

Le Parlement européen demandait aussi au départ que les détenteurs de certificat ne puissent pas se voir imposer de mesures restrictives telles une quarantaine à leur arrivée dans un pays.

Mais les Vingt-Sept, soulignant qu'il s'agit d'une compétence nationale, voulaient se garder cette possibilité, par exemple en cas d'apparition d'un variant.

Le texte prévoit que les Etats membres "s'abstiennent d'imposer des restrictions de voyage supplémentaires" comme des tests ou quarantaine, "à moins qu'elles ne soient nécessaires et proportionnées pour protéger la santé publique".

Le pass sanitaire figure au menu du sommet des dirigeants européens lundi et mardi prochains. L'accord devra être approuvé par le Parlement, dont la prochaine plénière est prévue du 7 au 10 juin à Strasbourg.

Ce qui permettra une entrée en vigueur du règlement le 1er juillet, a indiqué l'eurodéputé espagnol Juan Fernando Lopez Aguilar, négociateur du Parlement.

Les Etats membres peuvent décider "d'utiliser le même certificat à d'autres fins" que les voyages

Une période de six semaines de transition est toutefois prévue pour l'émission de certificats, afin de permettre aux pays d'adapter leur système.

Parallèlement aux négociations politiques, le système de certificat européen fait l'objet de tests techniques auprès des Etats pour vérifier son interopérabilité.

A partir du 1er juin, les pays membres pourront commencer à se servir du système dans des conditions réelles s'ils sont prêts, selon la Commission.

"Nous visons uniquement la libre circulation, mais les Etats membres peuvent décider d'utiliser le même certificat à d'autres fins, par exemple l'accès à des festivals, à des concerts, certains parlent des restaurants, pour cela il faudra une loi nationale", a précisé Didier Reynders.

Il revient aussi aux Etats membres de décider s'ils intègrent ce certificat dans leur application de traçage nationale - comme en France - ou s'ils utilisent une application distincte.

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