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L'union de la gauche est-elle possible ?




L'union de la gauche est-elle possible ?
L'eurodéputé EELV Yannick Jadot réunit les partis de gauche, samedi à Paris, en vue de la présidentielle de 2022.

publié le samedi 17 avril 2021 à 07h00

L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot réunit les partis de gauche, samedi 17 avril à Paris, en vue de la présidentielle de 2022. Cette rencontre contient la promesse d'un début d'entente au sein d'une famille morcelée, mais charrie aussi des ambitions divergentes. 

Quand, fin mars, Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a annoncé qu'il souhaitait mettre les responsables de toute la gauche "autour d'une table" "pour construire le grand projet d'espérance" pour 2022, il a reçu un écho positif de la plupart des partis.

Tous s'accordent en effet sur la situation compliquée de cette famille politique, que les sondages récents donnent largement distancée, quel que soit le scénario, par Emmanuel Macron et Marine Le Pen au premier tour. 




Pressé de clarifier l'ordre du jour exact de la réunion, l'eurodéputé EELV a précisé qu'elle n'avait pas forcément vocation à parler d'une candidature commune, même si celle-ci peut être un objectif à plus long terme.

Faure et Hamon enthousiastes 

La réunion de ce samedi est prévue à 10H00 dans un hôtel du 19e arrondissement de Paris. Pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure, c'est "une très bonne initiative". "Il est temps que la gauche se reprenne, parce que si elle ne se reprend pas, elle va disparaître", a-t-il estimé sur Franceinfo jeudi. Le fondateur de Générations et ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon a aussi appelé, mercredi dans Le Monde, à donner une chance à l'événement : "Mettons-nous d'accord sur nos désaccords et agrégeons ce qui nous réunit. Abandonnons l'acrimonie et le ressentiment à nos adversaires communs".

Cette réunion a le mérite de rassembler "l'ensemble de la gauche sans exclure personne", abonde la députée européenne Aurore Lalucq auprès de l'AFP. "Ce n'est pas un grand soir mais des petits matins", estime celle dont le mouvement Place publique devrait être représenté par Raphaël Glucksmann.

Sans Mélenchon ni le numéro 1 du PCF 

Mais les Insoumis ont vite émis des doutes, leur chef Jean-Luc Mélenchon, déjà candidat pour 2022, a refusé d'être "instrumentalisé" par un "numéro de claquettes pour dire 'Plus unitaire que moi tu meurs'". Il est en voyage en Amérique du Sud et se fera représenter à cette réunion, dont il attend un "pacte de non-agression".

Fabien Roussel, le candidat pressenti des communistes à la présidentielle, sera représenté par son porte-parole Ian Brossat : "Les communistes sont attachés au dialogue mais j'ai prévenu Yannick, nous ne participerons pas à une primaire" de la gauche et des écologistes. 

La maire PS de Paris Anne Hidalgo, elle aussi candidate potentielle pour 2022, a réfléchi pour finalement dire oui. "C'est très important que l'on puisse se rassembler, travailler ensemble, offrir au pays autre chose qu'un duel Emmanuel Macron et Marine Le Pen", a-t-elle plaidé jeudi sur France 2

Jadot étrillé dans son propre camp 

L'initiative de Yannick Jadot a aussi créé des tensions au sein de son propre parti, ce qui n'augure pas d'un débouché ambitieux. Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou rappelle que les écologistes désigneront leur candidat lors de la primaire de septembre. "Yannick est dans une démarche personnelle de promotion de sa candidature", tacle l'ancien chef David Cormand, qui n'attend rien de la "mise en scène" de samedi. 

Pour l'entourage d'Eric Piolle, le maire écolo de Grenoble, également sur les rangs de la primaire, "la gauche se meurt de ne pas discuter avec la société civile", or "ce côté collectif est totalement absent de l'initiative de Jadot". "Il n'y a rien à en attendre, chacun va rester sur ses positions", prophétise une figure socialiste. 

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