La question du jour :

Covid-19 : faut-il rendre un hommage national aux victimes ?




Covid-19 : faut-il rendre un hommage national aux victimes ? ©JEFF PACHOUD / AFP

publié le mercredi 14 avril 2021 à 18h00

Alors que la France s'apprête à franchir le cap des 100.000 morts, le pays pourrait honorer la mémoire de ces victimes et de leurs familles, comme certaines voix le réclament. 

Des familles endeuillées, notamment celles regroupées au sein des associations "Victimes du Covid-19" et "CoeurVide19", souhaitent qu'on honore la mémoire de leurs proches. Il y aura "évidemment ce moment d'hommage et du deuil pour la Nation" en faveur des victimes du Covid, leur a répondu le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, mercredi 14 avril - mais sans donner de date pour un éventuel hommage national. Alors que la France approche des 100.000 morts de la maladie, "ce sont 100.000 familles endeuillées", a-t-il ajouté. 




Emmanuel Macron a "déjà eu l'occasion d'en parler dans les Conseils des ministres", selon Gabriel Attal.

Le porte-parole du gouvernement avait déjà indiqué, la semaine dernière à la sortie du Conseil des ministres, citant le président, que "le moment d'un hommage national collectif et d'un deuil viendra(it), évidemment" mais qu'"aujourd'hui nous sommes dans la gestion de cette épidémie". Selon RTL, Emmanuel Macron pourrait prendre la parole le jour où la barre des 100.000 morts sera franchie, la forme de cette intervention n'ayant pas encore été actée. 

"On est encore dans la bataille" 

De fait, personne dans la majorité n'évoque de calendrier. Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, proche du chef de l'Etat, a indiqué mardi qu'"à ce stade, il n'y a pas de commémoration nationale qui s'impose". Il a précisé qu'Emmanuel Macron a eu "à vivre cela", un deuil parmi ses proches. "Chacun a besoin de pleurer les siens, de remémorer (ses) disparus, mais il me semble que cela relève de l'intime, de la vie familiale", a estimé Richard Ferrand. 

"Aujourd'hui, il faut lutter pour la vie et je ne vis pas comme une nécessité intérieure le besoin de commémorer nos morts de cette pandémie", a encore estimé le député du Finistère. "Nous sommes tous au combat ou au travail dans un contexte extrêmement éprouvant". Le porte-parole d'En Marche, Roland Lescure, a lui aussi déclaré mardi qu'il n'était pas "personnellement convaincu" de la nécessité d'un hommage parce qu'"on est encore un peu dans la bataille" et que "malheureusement le compteur ne va pas s'arrêter à 100.000". Mais il "ne faut surtout pas donner l'impression qu'on ne fait pas preuve d'empathie", a-t-il ajouté, déplorant une "certaine déshumanisation du bilan avec les chiffres égrenés jour après jour".

Des hommages dans d'autres pays 

La France a dépassé lundi la barre des 99.000 décès depuis le début de l'épidémie. Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe, a observé une minute de silence le 23 mars, en hommage à ses 126.000 morts de la pandémie, un an après l'instauration du premier confinement. 

Dès mars 2020, l'Italie avait observé une minute de silence pour ses morts. L'Espagne a décrété 10 jours de deuil national en mai dernier. Aux Etats-Unis, Joe Biden a observé une minute de silence lors de sa cérémonie d'investiture en janvier. Le Canada a organisé un hommage national en mars. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.