La question du jour :

Irez-vous voter aux élections régionales ?




Irez-vous voter aux élections régionales ?©CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

publié le mercredi 14 avril 2021 à 07h00

Les élections départementales et régionales, initialement prévues en mars 2021 et reportées en raison de la crise sanitaire, auront bien lieu en juin prochain. Elles ont été décalées d'une semaine, aux 20 et 27 juin, au lieu des 13 et 20.

Des protocoles renforcés pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 seront mis en place. 

"Les semaines qui nous séparent du scrutin ne seront pas de trop, a expliqué le Premier ministre Jean Castex, mardi 13 avril devant les députés. Pour nous donner le temps utile, nous allons décaler d'une semaine supplémentaire les dates des élections" qui auront donc lieu les 20 et 27 juin, a-t-il indiqué lors du débat sur le maintien des deux scrutins à l'Assemblée nationale, avant le Sénat mercredi. 

" Une semaine de préparation en plus, cela compte !"

"Certes, ce n'est qu'une semaine, mais une semaine de campagne supplémentaire, une semaine de vaccination en plus, soit au moins 2 millions de personnes vaccinées, une semaine de préparation en plus, cela compte !", a-t-il ajouté, précisant qu'un décret serait présenté la semaine prochaine en Conseil de ministres. 




Parmi les mesures, le gouvernement proposera de vacciner les membres des bureaux de vote qui le souhaitent. Les candidats et leurs équipes de campagne pourront aussi se déplacer au-delà du périmètre de 10 km imposé actuellement. Le recours au vote par procuration "sera à nouveau facilité", a expliqué Jean Castex, en rappelant que chaque électeur aura "la possibilité de disposer de deux procurations". Un site internet sera créé afin de permettre aux électeurs de disposer de "l'ensemble des professions de foi des candidats aux deux élections", lors d'une campagne qui sera "différente". 

Un "monsieur élections" 

Jean Castex propose par ailleurs de constituer "un comité de suivi permanent", qui sera présidé par un "monsieur élection", Jean-Denis Combrexelle, ancien président de la section du contentieux du Conseil d'Etat. 

Afin d'éteindre définitivement la polémique sur la consultation menée en urgence le week-end dernier auprès des maires, le Premier ministre a assuré qu'il n'avait pas d'arrières-pensées. Cette consultation "n'était dirigée contre personne, et certainement pas contre les associations d'élus pour lesquelles j'ai le plus grand respect", a-t-il assuré, après que le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin (LR), ainsi que les autres associations d'élus et les oppositions, se sont élevés contre cette initiative. 

La majorité divisée 

Le Premier ministre avait indiqué la semaine dernière qu'il privilégiait "à ce stade" le maintien au 13 et 20 juin de ces élections, qu'on annonce difficiles pour la majorité. La majorité était divisée sur le sujet : le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand était favorable à un report, alors que Stanislas Guerini, le délégué général du parti présidentiel, et Christophe Castaner, chef de file des députés LREM, défendaient le maintien. Un membre de la majorité a d'ailleurs reconnu que le décalage d'une semaine est "une manière de sauver le soldat Ferrand". 

En dépit de leurs critiques sur les hésitations du gouvernement, les oppositions voteront largement le maintien des élections en juin et demandent désormais des "garanties" pour la bonne tenue de la campagne électorale. "J'attends une feuille de route" pour ne "pas avoir une démocratie au rabais et sans participation", a déclaré le chef de file des députés LR, Damien Abad, devant la presse. Dans la majorité, les députés MoDem, qui plaidaient pour un report, devraient pour la plupart voter contre, a-t-on appris auprès de leur groupe. 

"Créer des problèmes là où il n'y en a pas"

Une majorité (56%) de maires directement consultés se sont prononcés pour le maintien des scrutins. Au total, environ deux tiers (69%) d'entre eux ont répondu. Le scrutin avait déjà été reporté de mars à juin en raison de la crise sanitaire, comme l'avait proposé l'ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré dans son rapport remis au gouvernement à la mi-novembre. Revenant sur la polémique des derniers jours autour d'un nouveau report, auquel il était défavorable, Jean-Louis Debré a trouvé, sur BFMTV, "fascinante cette capacité du pouvoir actuel de créer des problèmes là où il n'y en a pas". 

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