La question du jour :

Covid-19 : craignez-vous un reconfinement strict ?




Covid-19 : craignez-vous un reconfinement strict ?
Emmanuel Macron le 25 mars 2021.

, publié le dimanche 28 mars 2021 à 07h00

Alors qu'Emmanuel Macron a assuré jeudi soir qu'il prendrait "toutes les mesures utiles" pour faire face à la troisième vague de Covid-19 "sans aucun tabou", des scientifiques estiment dans les colonnes du Parisien qu'un mois de confinement strict minimum est nécessaire pour faire baisser le nombre de contaminations et la pression hospitalière. 

Face à la troisième vague de Covid-19, l'exécutif a décidé de prendre des mesures supplémentaires : le Rhône, l'Aube et la Nièvre sont soumis depuis samedi 27 mars aux "mesures de freinage renforcées" déjà en vigueur dans 16 départements, dont l'Île-de-France et les Hauts-de-France. Dans ces 19 départements, un seul cas de Covid dans une classe entraînera désormais sa fermeture, contre trois cas auparavant. Les autorités ont par ailleurs intensifié samedi les contrôles aux aéroports et péages routiers pour faire respecter l'interdiction de se déplacer.Des mesures très en deçà des restrictions plus strictes que réclament nombre d'experts et que pourrait bien suivre prochainement Emmanuel Macron. 





S'il a refusé jeudi soir tout mea culpa après son refus de confiner le pays en janvier malgré les prévisions des experts, le chef de l'Etat a toutefois prévenu que "ces semaines qui viennent seront difficiles". "Nous prendrons toutes les mesures utiles en temps et en heure et il n'y a, à mes yeux, aucun tabou", a-t-il averti. Un conseil de défense doit se tenir mercredi soir pour décider d'un éventuel durcissement des sanctions.

"Si cela empire et s'homogénéise sur tout le territoire, il ne faut pas écarter l'idée d'un confinement de type printemps 2020", avance "une source en haut lieu" au Parisien samedi. "Mercredi prochain, à la télévision, Emmanuel Macron pourrait annoncer la fermeture des écoles, entraînant le basculement massif des Français dans le télétravail. Tout dépendra en réalité des résultats du début de semaine", explique de son côté un conseiller de l'exécutif. 

Il faut en effet attendre une dizaine de jours pour mesurer les effets des mesures mises en place le 20 mars dernier dans 16 départements, et étendu ce week-end à trois autres. "On est dans un entre-deux, on attend. Personne ne croyait au couvre-feu à 18 heures et il a nous a permis de gagner du temps", tempère un autre conseiller.

Minimum un mois de confinement

Faut-il vraiment craindre un nouveau confinement strict ? Pour le docteur Eric D'Ortenzio, médecin épidémiologiste à l'Inserm, il faudrait "au minimum un mois à partir de ce week-end" pour faire baisser le nombre de contaminations et la pression hospitalière. "La durée de d'hospitalisation est actuellement plus longue que celle que l'on avait observé jusqu'à présent, souligne-t-il dans les colonnes du Parisien.

Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l'université de Montpellier, préconise lui de "confiner de manière stricte, comme en mars 2020, au moins six semaines". "Cette échéance permettrait de retrouver un taux d'incidence en deça de 5.000 nouveaux cas par jour réel, le seuil fixé par Emmanuel Macron en novembre pour accepter le déconfinement. On arriverait également à moins de 2.000 patients en réanimation et à une circulation du virus moins active", explique-t-il. 

Pas sûr que les Français acceptent un nouveau confinement. "On observe une probable lassitude des Français face aux mesures de distanciation sociale", souligne en effet l'agence sanitaire Santé publique France dans son bulletin hebdomadaire.
 

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