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Covid-19 : faut-il fermer les écoles ?




Covid-19 : faut-il fermer les écoles ?
(Photo d'illustration)
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publié le vendredi 26 mars 2021 à 07h00

Alors que les cas positifs au Covid-19 chez les élèves et les enseignants se multiplient, de plus en plus de voix s'élèvent pour faire fermer les écoles, ce que l'exécutif se refuse à faire pour le moment.

Alors que la France est confrontée à une troisième vague de Covid-19, l'école n'y échappe pas non plus. Selon les premières remontées des tests salivaires déployés depuis trois semaines, "0,35 % à 0,5 %" des enfants sont positifs, selon le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, qui juge ce taux "contenu".

Cependant, le nombre de cas Covid-19 chez les élèves a bondi de 9.000 à 15.000, tandis que côté personnels, le nombre de personnes contaminées est également en hausse de 1.106 à 1.809. 





Par ailleurs, plus de 2.000 classes étaient fermées la semaine dernière. "Cela fait 0,4 % des classes de France, un chiffre qui reste raisonnable", avait commenté le ministre. Mais c'est tout de même près de trois fois plus que la semaine précédente, quand seulement 833 classes étaient fermées. 

Difficile "de faire croire aux Français qu'on se contamine beaucoup au travail et pas du tout dans les écoles"

Ces données datent déjà d'une semaine, arrêtées le jeudi 18 mars à 13 heures. Selon les informations de franceinfo, plus de 4.000 cas de contamination d'élèves et personnels ont été remontés au ministère pour la journée de lundi. Pourtant Jean-Michel Blanquer le répète depuis le début : "On se contamine moins à l'école que dans le reste de la société". 

"Jean-Michel Blanquer est dans le déni de ce qui se passe dans les écoles", lance une source gouvernementale à l'AFP, qui ajoute que "message lui a été passé d'être plus précis dans les chiffres et d'évoquer la réalité de ce qu'il se passe dans les écoles plutôt que d'essayer de faire croire l'inverse". Il est selon cette source difficile "de faire croire aux Français qu'on se contamine beaucoup au travail et pas du tout dans les écoles".

Le Parisien soulignait en effet cette semaine, que les chiffres avancés par le ministre de l'Education ne concernaient que les écoles et les collèges. Or, selon l'épidémiologiste et membre du Conseil Scientifique Arnaud Fontanet, qui cite l'étude de l'Institut Pasteur, "avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30 % le risque d'être infecté".

L'exécutif ne veut toujours pas refermer les écoles

Dans ce contexte, "fermons tout de suite une ou deux semaines là où le Covid explose plutôt que de fermer toutes les écoles pendant trois ou quatre mois", suggère Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. Valérie Pécresse, la présidente de l'Île-de-France, dont tous les départements sont soumis depuis le 20 mars à de nouvelles restrictions, a également proposé mercredi 24 mars "d'avancer les vacances scolaires de 15 jours afin de fermer les écoles dès le 2 avril". Les vacances de printemps sont fixées cette année du 17 avril au 3 mai en région parisienne. En effet, "la situation sanitaire reste très inquiétante", a-t-on affirmé dans l'entourage de Mme Pécresse, en précisant que dans les lycées de la région "plus d'une centaine de classes sont fermées" ainsi que "deux établissements".

La fermeture des écoles doit rester "un ultime recours", lui a répondu jeudi matin le porte-parole du gouvernement. "C'est une proposition qui a été formulée hier soir, c'est pas moi, ici, ce matin, en tant que porte-parole du gouvernement, qui vais vous répondre", a assuré Gabriel Attal, alors qu'il était relancé sur le sujet. Mais "si votre question est de savoir si, hier en conseil de défense quand on a abordé les mesures, on a décidé d'avancer les vacances, la réponse est non", a-t-il dit.

"On fait de la surveillance, on ferme les classes quand c'est nécessaire", a de son côté assuré mercredi soir sur le plateau de Quotidien le ministre de la Santé, rappelant, là encore, le "côté indispensable de maintenir l'Education le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions". 

L'exécutif compte par ailleurs également sur la vaccination des enseignants, qui devrait début mi-avril. 

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