La question du jour :

Avez-vous confiance dans le vaccin AstraZeneca ?




Avez-vous confiance dans le vaccin AstraZeneca ?©MARTIN BUREAU / AFP

, publié le samedi 13 mars 2021 à 07h00

En début de semaine, l'Autriche a cessé d'administrer un lot de vaccins AstraZeneca contre le Covid-19 après la mort d'une infirmière de 49 ans à la suite de "graves troubles de la coagulation", intervenus quelques jours après qu'elle a été vaccinée. 


• Des pays suspendent l'utilisation du vaccin "par précaution"

Quatre autres pays européens, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg, décident dans la foulée de suspendre les vaccinations avec des doses provenant du même lot de vaccins, lot livré dans 17 pays et qui comprenait un million de vaccins.

Jeudi, le Danemark, l'Islande et la Norvège ont annoncé la suspension des injections du vaccin d'AstraZeneca en invoquant le principe de "précaution" face à des "cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées", même si "à l'heure actuelle" aucun lien entre le vaccin et les caillots sanguins n'a été établi. La Bulgarie a fait de même vendredi et la Thaïlande a retardé sa campagne.

De son côté, l'Italie a interdit jeudi l'usage d'un autre lot, "à titre de précaution".

• L'Agence européenne des médicaments recommande la vaccination

"Les avantages du vaccin continuent de l'emporter sur ses risques et le vaccin peut continuer à être administré pendant que l'enquête sur les cas de thromboembolies est en cours", a affirmé jeudi soir le comité de sécurité de l'Agence européenne des médicaments (EMA).

Si "30 cas en Europe" de thromboembolies ont été recensés "parmi 5 millions de personnes vaccinées avec le vaccin AstraZeneca", l'EMA a indiqué que le nombre de cas de ces troubles n'est "pas supérieur chez les patients vaccinés au nombre observé dans la population générale".Relevant qu'actuellement il n'y a "aucune indication" que la vaccination ait provoqué ces troubles, le régulateur européen recommande de poursuivre la vaccination.

• La France estime qu'il n'y a "pas lieu de suspendre" la vaccination

Vendredi, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recommandé formellement de continuer la vaccination avec le vaccin AstraZeneca. La France a relevé et analysé "un cas de thromboses (caillots sanguins) multiples" dans le contexte d'une "coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)" (pouvant survenir par exemple lors d'une infection ou d'un cancer, ndlr), explique l'ANSM, mais "rien ne permet de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin" d'AstraZeneca. 

L'ANSM souligne qu'avec le réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), elle porte "une attention toute particulière à ces événements thrombo-emboliques" et assure qu'elle pourra réviser sa position si de nouvelles données l'imposent. 

Jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a également estimé qu'il n'y avait pas lieu de suspendre la vaccination avec AstraZeneca dans le pays. "Le bénéfice apporté par la vaccination est jugé supérieur au risque à ce stade", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. 

Plusieurs spécialistes français ont également défendu la poursuite de la vaccination vendredi, à l'instar de l'infectiologue Jean-Daniel Lelièvre.

La décision de suspendre la vaccination "est très étonnante", a-t-il estimé sur franceinfo. "Avec ce vaccin, il y a un bénéfice très clair qui a été démontré en vie réelle pour un risque qui, pour l'instant, n'est pas connu. On a décrit ces phénomènes de thrombose. Pour autant, ils sont très rares et aucun lien avec le vaccin n'a été mis en place. On est au delà du principe de précaution", a-t-il déclaré.

• Il n'y a "pas de raison de ne pas vacciner avec l'AstraZeneca", selon l'OMS

"Oui nous devrions continuer à utiliser le vaccin d'AstraZeneca", "il n'y a pas de raison de ne pas l'utiliser", a déclaré Margaret Harris, une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi au cours d'un point de presse de l'ONU à Genève.

Elle a précisé que les experts de l'OMS se penchaient sur les informations de la formation de caillots sanguins mais a noté que pour le moment aucun lien de cause à effet n'avait été trouvé. "Nous devons toujours nous assurer que nous étudions toutes les alertes de sécurité quand nous distribuons des vaccins et nous devons les passer en revue, mais il n'y a aucune indication de ne pas l'utiliser", a ajouté Margaret Harris.

Elle a aussi rappelé que à la date du 9 mars, plus de 268 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 avaient été administrées à travers le monde depuis le début de la pandémie, sur la base de chiffres obtenus par l'OMS auprès des autorités de chaque pays. "Aucune mort n'a été liée à l'administration de vaccins contre le Covid-19 jusqu'à cette date", a souligné la porte-parole.

• Des allergies sévères ajoutées aux possibles effets secondaires du vaccin

En dehors de la question d'éventuels troubles à la coagulation provoqués par le vaccin AstraZeneca, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué vendredi que des "allergies sévères" devraient être ajoutées à la liste des effets secondaires possibles, après l'identification de liens probables avec des réactions de ce type au Royaume-Uni.

L'EMA a donc "recommandé une mise à jour des informations sur le produit pour inclure l'anaphylaxie et l'hypersensibilité (réactions allergiques) comme effets secondaires". "La mise à jour est basée sur un examen de 41 rapports d'anaphylaxie possible observés parmi environ 5 millions de vaccinations au Royaume-Uni", a expliqué l'agence basée à Amsterdam, dans le résumé de son comité chargé d'évaluer les risques des médicaments.

"Après un examen attentif des données, (le comité) a estimé qu'un lien avec le vaccin était probable dans au moins certains de ces cas", a-t-elle ajouté. L'EMA a toutefois précisé que l'anaphylaxie, ou ce qu'elle appelle "réactions allergiques sévères", était déjà un "effet secondaire connu pouvant survenir, très rarement, avec les vaccins". 

Les informations sur le vaccin AstraZeneca/Oxford indiquent déjà que les personnes recevant l'injection devraient être maintenues sous "étroite surveillance pendant au moins 15 minutes" après son administration, en cas de réactions allergiques.

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