La question du jour :

Covid-19 : faut-il assouplir les restrictions dans les départements les moins touchés ?




Covid-19 : faut-il assouplir les restrictions dans les départements les moins touchés ?
Sur la plage de Saint-Malo, le 23 février.

, publié le jeudi 25 février 2021 à 07h00

L'exécutif estime désormais qu'il vaut mieux "régionaliser" les mesures, en fonction de la propagation de l'épidémie dans les territoires. Cela passe par un tour de vis dans les Alpes-Maritimes et dans l'agglomération de Dunkerque. Mais on pourrait aussi imaginer lâcher du lest pour les zones relativement épargnées : l'Ouest et le Sud-Ouest. 

Mais l'exécutif est tiraillé depuis un an dans sa gestion de la crise, entre sa volonté affichée d'adapter les restrictions à la situation locale, comme dans les Alpes-Maritimes ou à Dunkerque, et les complexités politiques et administratives que cela engendre. "Compte tenu de la situation, il vaut mieux régionaliser", a expliqué mardi Emmanuel Macron à des élus de Côte-d'Or, quand l'entourage du chef de l'Etat a confirmé vouloir "faire du cas par cas". 




"Le cas niçois est un bon exemple de ce que les choses peuvent atterrir assez bien", se félicite un membre du gouvernement, qui espère que l'action "au niveau territorial" permettra "d'éviter un confinement national". 

Souci de lisibilité 

Mais la stratégie territorialisée peut aussi se transformer en piège politique, l'exécutif se retrouvant tour à tour accusé d'en faire trop ou pas assez, d'imposer ses décisions, ou de ne pas savoir prendre ses responsabilités, et in fine de briser le principe d'égalité entre les territoires. 

A terme, la multiplication des mesures locales pose aussi un souci de lisibilité - comme cette carte des rues de Paris où le masque était imposé à l'été dernier - qui conduit les oppositions à "faire le coup du voyage en absurdie", comme le pointe un conseiller.

Est-ce faisable ?

Les élus "passent d'une schizophrénie à l'autre : ceux qui demandent le confinement ne sont pas loin d'être les mêmes à avoir demandé le contraire quelques jours auparavant", souffle ainsi un autre conseiller de l'exécutif, quand un proche d'Emmanuel Macron soupire : "Les polémiques, c'est le jeu de cette crise".

Reste à savoir si l'organisation de l'Etat permet réellement cette différenciation. En ce sens, un ministre plaide pour que les préfets se voient rattacher toutes les administrations sur leur territoire, dont l'agence de santé, les services de l'éducation nationale ou fiscaux, afin de consacrer l'échelon départemental dans la gestion des crises.

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