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Covid-19 : êtes-vous favorable à des mesures localisées ?




Covid-19 : êtes-vous favorable à des mesures localisées ?
Le ministre de la Santé Olivier Véran et le maire de Nice Christian Estrosi rencontrent un patient atteint du Covid-19, le 20 février au CHU de Nice.

, publié le mardi 23 février 2021 à 07h00

Confinement le week-end sur le littoral, fermeture des magasins de plus de 5.000 m2, port du masque étendu... Face à la flambée de l'épidémie dans les Alpes-Maritimes, notamment à Nice, de nouvelles restrictions ont été dévoilées lundi. 

Mesure inédite en métropole à une échelle locale, Nice et le littoral des Alpes-Maritimes vont être à nouveau strictement confinés pour au moins deux week-ends, avec l'espoir d'enrayer la flambée du coronavirus dans le département, le plus touché de l'Hexagone.

"La situation sanitaire est particulièrement inquiétante dans les Alpes-Maritimes. (...) Avec le taux d'incidence, j'ai rappelé qu'à Nice il y a 500 personnes qui tombent malades par jour. Donc il fallait des mesures fortes, je m'y étais engagé", se félicite le ministre de la Santé Olivier Véran, qui était à Nice samedi. 




Le reconfinement partiel, redouté depuis cette visite par les habitants, mais appelé de leurs voeux par certains élus, a été confirmé lundi par le préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez. Les habitants des communes du littoral s'étendant de Théoule-sur-Mer à Menton, zone qui regroupe environ 90% de la population du département, seront confinés les deux derniers week-ends des vacances scolaires (27-28 février et 6-7 mars). Comme lors du premier confinement il y a un an, les sorties d'une heure seront autorisées, mais dans un rayon de 5 km, avec attestation (médecins, animaux de compagnie, sport, promenade).

Les hôpitaux "proches de la saturation" 

Une telle mesure de confinement territorialisé est une première en métropole depuis le début de la crise sanitaire. Elle est déjà en vigueur à Mayotte depuis le 5 février. Le confinement localisé, réclamé par certains élus de Moselle, n'a en revanche pas été mis en oeuvre dans ce département. 

Pour les autorités, ce tour de vis se justifie par la pression dans les hôpitaux. Les services hospitaliers sont "proches de la saturation", selon Romain Alexandre, le représentant de l'Agence régionale de santé. Le taux d'incidence (588 pour 100.000 habitants) dans le département est "le plus élevé de France" et le taux de positivité est "en nette augmentation dans toutes les tranches d'âge exceptées pour les plus de 80 ans".

"Régler ça au plus tôt pour ne pas condamner la saison d'été"

Pour y faire face, outre le reconfinement partiel, à partir de mardi, les commerces de plus de 5.000 m2, sauf les pharmacies et les commerces alimentaires, seront fermés dans le département. Les contrôles à la frontière italienne et dans les aéroports seront également renforcés. Le préfet promet aussi une "accélération" de la campagne vaccinale dans le département, où quelque 4.500 doses du vaccin Pfizer doivent être réceptionnées dans les prochains jours. 

Localement, la crise "est une conséquence de l'attractivité de notre département et de notre style de vie convivial", a argumenté le préfet, rejoignant une analyse notamment avancée par le maire de Nice Christian Estrosi (LR). "Il faut régler ça au plus tôt pour ne pas condamner la saison d'été, donc il faut serrer la vis", avait de son côté plaidé le président de région Renaud Muselier, alors que les vacances viennent de débuter dans la zone B, dont font partie les Alpes-Maritimes, et se poursuivent pour la zone C.

"La situation des Alpes-Maritimes ne correspond pas aujourd'hui à la situation de l'ensemble du pays"

Pour Olivier Véran, il est "fondamental de pouvoir prendre des décisions au bon moment lorsqu'on voit qu'il y a une situation sanitaire qui est sous tension". "La situation des Alpes-Maritimes ne correspond pas aujourd'hui à la situation de l'ensemble du pays", a rappelé le ministre lors d'une visite à l'hôpital de Villefranche-sur-Saône lundi. "La situation sanitaire reste inquiétante à l'échelle du pays, ça fait quatre ou cinq jours consécutifs que nous avons une nouvelle augmentation de la circulation du virus, mais nous n'en sommes pas du tout à la situation des Alpes-Maritimes", a-t-il insisté. 

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