La question du jour :

Faut-il mieux encadrer les contrôles d'identité ?




Faut-il mieux encadrer les contrôles d'identité ?
Photo d'illustration.

publié le mercredi 17 février 2021 à 07h00

La Défenseure des droits, Claire Hédon, a déclenché une polémique en dénonçant des contrôles d'identité "discriminatoires" trop fréquents dans certains quartiers, "insupportables pour certains jeunes". 

Claire Hédon a défendu, mardi 16 février sur Europe 1, la nécessité de réduire le nombre de "contrôles d'identité discriminatoires", en réponse aux critiques de syndicats de policiers. Vendredi, elle rappelait que son instance, qui observe notamment le respect de la déontologie des forces de sécurité, demande depuis longtemps que des "expérimentations" soient menées dans certains quartiers, comme l'arrêt des contrôles d'identité, "qui peuvent devenir insupportable pour certains jeunes". 




Cette déclaration a fait réagir plusieurs syndicats policiers comme Alliance, qui accuse la Défenseure des droits de vouloir créer "des zones de non-droit", mais aussi, en creux, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a déclaré lundi à Poissy (Yvelines) que "tous les policiers sont partout chez eux dans la République". 

"Je n'ai jamais souhaité mettre fin aux contrôles d'identité" ou remettre en cause la présence de la police dans les quartiers sensibles, s'est défendue Claire Hédon mardi.

Elle a rappelé que plusieurs enquêtes, mais aussi la Cour de cassation, soulignent le caractère discriminatoire des contrôles d'identité dans certaines zones. "Je demande juste des expérimentations que mon prédécesseur (Jacques Toubon, qu'elle a remplacé en juillet, ndlr) demandait exactement de la même manière : soit un récépissé, soit une quantification, un enregistrement du nombre de contrôles faits et avec quel but; soit des caméras", a proposé la Défenseure des droits.

"On n'a aucune idée du nombre de contrôles d'identité en France", si ce n'est qu'il "se compte en millions", "on a du mal" à savoir quels en sont les motifs précis, "et c'est bien ça qu'il faut savoir" pour évaluer leur efficacité, estime Claire Hédon. "Il y a des contrôles d'identité qui sont discriminatoires" et "ne rien faire en ce moment" sur ce problème, "c'est ne pas s'attaquer au problème de la relation police-population", qui "est au centre du Beauvau de la sécurité", souligne-t-elle. "Bien sûr qu'il y a des moments où il faut ces contrôles : quand il y a une atteinte à l'ordre public, quand il y a un comportement suspect, quand il y a une réquisition de la part du procureur. Mais ça ne veut pas dire contrôler l'identité en permanence", a-t-elle conclu.

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