La question du jour :

Covid-19 : accepteriez-vous un confinement "très serré" ?




Covid-19 : accepteriez-vous un confinement "très serré" ?
La rue de Rivoli à Paris, déserte, le 26 mars 2020.

, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 17h00

Alors qu'une majorité de Français sont hostiles à l'idée d'un nouveau confinement strict (même s'ils le respecteraient), le gouvernement a averti mercredi que c'était pourtant l'une des pistes à l'étude pour lutter contre la propagation de l'épidémie et des variants de coronavirus. De nouvelles annonces doivent être faites jeudi 28 janvier. 




Vers un nouveau un tour de vis face à l'épidémie de Covid-19 ? L'exécutif a acté mercredi, à l'issue du Conseil de défense, que le couvre-feu à 18h00 "ne freine pas suffisamment" la propagation du virus. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a indiqué que "différents scénarios" étaient à l'étude, qui vont "du maintien du cadre actuel jusqu'à un confinement très serré"

"Le maintien du cadre actuel paraît peu probable"

Le président Emmanuel Macron a demandé "des analyses supplémentaires" sur ces différents scénarios avant de prendre des décisions, a précisé Gabriel Attal lors du compte-rendu du Conseil des ministres. Parmi celles-ci, les résultats d'une étude sur la prévalence du variant anglais, et sur le détail des effets du couvre-feu à 18h00 en vigueur nationalement depuis 10 jours désormais. Mais "le maintien du cadre actuel paraît peu probable", selon le porte-parole, qui a promis "une concertation avec le Parlement et les syndicats" dans les prochains jours avant de prendre une décision. 

L'exécutif cherche un "point d'équilibre", avec la nécessité de "protéger les Français" sans toutefois "mettre le pays sous cloche", a expliqué mercredi le patron des députés LREM Christophe Castaner, en estimant au passage que "les élèves doivent pouvoir aller à l'école". 

Progression inquiétante du variant anglais 

Le nombre de patients hospitalisés a continué d'augmenter mardi, à 27.005, dont 3.071 en réanimation (2.829 une semaine plus tôt), selon Santé publique France, et 352 décès supplémentaires ont été répertoriés à l'hôpital, portant le nombre total de morts causées par l'épidémie à 74.106 en France. Soit nettement moins qu'au Royaume-Uni, à la population comparable, qui a été mardi le premier pays européen à passer la barre des 100.000 morts du Covid.

Mais la progression du variant anglais, particulièrement contagieux, et qui a représenté 9,4% des cas dépistés en Île-de-France entre le 11 et le 21 janvier, augure d'une prochaine hausse "très significative" du nombre de malades, estiment des médecins de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). 

Le refus de se plier à de nouvelles restrictions, "un sujet d'inquiétude" 

L'hypothèse d'un nouveau confinement a pris de l'épaisseur ces derniers jours avec des déclarations alarmantes de certains experts, comme le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique. Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris, a jugé mercredi cette perspective "inévitable", la situation étant selon lui "déjà pire que celle des deux premiers confinements".

Alors que des émeutes ont éclaté aux Pays-Bas depuis l'entrée en vigueur d'un "simple" couvre-feu samedi, l'exécutif doit aussi compter avec le risque de refus de se plier à de nouvelles restrictions. C'est "un sujet d'inquiétude", souligne Christophe Castaner.

Le moral des Français en berne 

Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 93% des Français assurent qu'ils respecteraient un nouveau confinement, qu'il soit sur le modèle du premier ou du deuxième. D'un point de vue économique, Bercy évalue de 10% à 18% la perte d'activité qu'un troisième confinement pourrait entraîner, selon le degré de restrictions appliquées. Et selon l'Insee, le moral des ménages s'est nettement replié en janvier après avoir rebondi en décembre. 

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