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Covid-19 : un 3e confinement est-il inévitable ?




Covid-19 : un 3e confinement est-il inévitable ?
Le Premier ministre Jean Castex, le chef de l'État Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 12 novembre 2020 lors d'un conseil de défense sanitaire à l'Élysée.

, publié le mardi 26 janvier 2021 à 07h00

Alors que de nombreux médecins, dont le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, estiment qu'un reconfinement serait l'outil le plus efficace pour lutter contre l'épidémie et la diffusion des variants, le Premier ministre Jean Castex a confirmé lundi que "des décisions seront prises cette semaine". 




Face à une épidémie de Covid-19 toujours active et confronté à la nouvelle donne des variants, l'exécutif pourrait ajouter encore un cran aux restrictions. C'est au cours du conseil de défense sanitaire, prévu mercredi autour du chef de l'État, que la décision devrait être prise, dix jours après l'instauration d'un couvre-feu généralisé à 18H00, dont les effets sont encore difficiles à évaluer.

"Les Français font des efforts depuis des mois" 

"Des décisions seront prises cette semaine (...), il ne s'agit pas de baisser la garde", a confirmé le Premier ministre Jean Castex lors d'une visite à l'Agence régionale de Santé d'Île-de-France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on indique que "rien n'est encore acté" et qu'il s'agit de "trouver le juste équilibre".

"Nous voulons aussi être cohérents vis-à-vis des Français qui font des efforts depuis des mois", ajoute la même source à l'AFP, alors que les bars, restaurants, lieux culturels, salles de sport privées et les universités sont fermés depuis la fin octobre, que le télétravail s'est généralisé dans le pays et que le couvre-feu a en partie gâché les fêtes de fin d'année. Le chef de l'État pourrait s'exprimer mercredi ou jeudi, si un nouveau confinement était décidé.

Les écoles ouvertes ou fermées ?

Le président du conseil scientifique, qui guide les choix du gouvernement, Jean-François Delfraissy, appelle à ne pas tergiverser, face à la menace des variants du virus, qui "changent complètement la donne", et alors que la vaccination est encore limitée. "Il faudra probablement aller vers un confinement", a-t-il prévenu dimanche sur BFMTV, qualifiant lui-même cette mesure d'"outil très barbare" mais efficace pour freiner l'épidémie. 

Dans une telle hypothèse, l'exécutif aurait à choisir entre un confinement strict, comme au printemps, ou plus souple comme à l'automne, avec un maintien des écoles ouvertes, comme le souhaite le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer. "On demande de trouver le bon équilibre, qu'on laisse tous les commerces ouverts, qu'on ne retombe pas dans ce débat un peu absurde sur essentiel, pas essentiel, qu'on a eu en novembre", a déclaré de son côté le patron des patrons Geoffroy Roux de Bézieux, lundi sur RMC

La présence du variant anglais sous-estimée ?

"On est dans une situation apparemment relativement stable", mais "si nous continuons sans rien faire de plus, nous allons nous retrouver dans une situation extrêmement difficile, comme les autres pays (européens), dès la mi-mars", avertit Jean-François Delfraissy. Sur un ton alarmé, il a prévenu que le variant VOC 202012/01, qui a provoqué une flambée épidémique au Royaume-Uni, où plus de 1.000 malades du Covid-19 sont morts chaque jour la semaine dernière, était "plutôt à des niveaux de 7, 8 ou 9% dans certaines régions françaises", alors qu'une première enquête l'a mesuré à 1,4% au niveau national les 7 et 8 janvier.

Santé publique France doit lancer une nouvelle étude cette semaine, pour déterminer à quel point le variant anglais, plus contagieux, mais aussi le sud-africain, dont des scientifiques craignent qu'il résiste aux vaccins, circulent dans le pays. 

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