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Covid-19 : faut-il une aide financière pour les jeunes ?




Covid-19 : faut-il une aide financière pour les jeunes ?
Distribution d'aide alimentaire à des étudiants à Strasbourg le 12 décembre.

, publié le mardi 19 janvier 2021 à 07h00

Leur génération est l'une des plus touchées par la crise sanitaire et économique. Certains, à gauche, proposent d'étendre le RSA aux 18-25 ans. 

"C'est dur d'avoir 20 ans en 2020", avait reconnu Emmanuel Macron en octobre dernier.

Plusieurs responsables de gauche - par exemple le député européen EELV Yannick Jadot - souhaitent étendre le RSA à tous les majeurs de moins de 25 ans. Le revenu de solidarité active n'est actuellement ouvert aux 18-24 ans que sous certaines conditions (avoir un enfant à charge ou travaillé au moins deux ans à temps plein au cours des trois années précédentes). Une idée à laquelle le gouvernement est opposé. "Je pense que ce n'est pas une bonne politique", a estimé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, vendredi sur BFMTV. Selon lui, quand on a "18 ans, ce qu'on veut, c'est un travail. On veut une rémunération de son travail, on ne veut pas une allocation".




Mais l'idée d'aider financièrement les jeunes n'est pas réservée à la gauche. Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, la maire LR du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, demande de créer un "revenu minimum" pour les étudiants précaires le temps de la crise. Elle met le chef de l'Etat en garde contre une "bombe à retardement" si le fossé se creuse entre étudiants favorisés et moins favorisés. 

Lettre ouverte de Rachida Dati 

"Emmanuel, je vous demande que la question étudiante soit prise en compte à chaque nouvelle étape de la gestion de cette crise", écrit Rachida Dati, qui reproche aux gestionnaires de "découvrir à présent une situation étudiante dont ils ne savent rien". 

"Vous avez fait vos classes à La Providence, quand j'ai grandi dans une cité ouvrière de Chalon-sur-Saône. (...) Vous avez fréquenté les bancs de l'ENA et moi ceux de l'université de Bourgogne (...) Vous pouviez dormir pour être en forme aux examens, quand, moi, j'allais travailler la nuit à la clinique Sainte-Marie comme aide-soignante", ajoute la candidate de la droite aux dernières municipales à Paris.

Rachida Dati demande donc au chef de l'Etat "d'allouer un revenu minimum aux étudiants en situation de fragilité sociale, tout le temps où l'activité économique restera réduite" et de travailler avec les élus locaux à identifier "les locaux publics non utilisés" tels les gymnases pouvant permettre une reprise des cours.

Retour à l'université 

Le patron du PCF Fabien Roussel, qui compte participer à la manifestation des étudiants mercredi, a demandé dimanche sur France 3 "qu'ils puissent tous retourner en fac ou dans leurs écoles, même de manière intermittente en demi-classe".

"Ces jeunes en grande détresse sont les forces vives qui devront relever le pays. Si nous les sacrifions aujourd'hui, la France se retrouvera démunie pour se reconstruire demain", a pour sa part affirmé le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, dans une tribune au Journal du dimanche, en demandant "que tous les étudiants, sans exception, puissent retourner au plus vite sur les bancs des universités". 

"De très nombreux étudiants n'arrivent plus à manger à leur faim"

La semaine dernière, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les étudiants de première année pourraient reprendre les travaux dirigés par demi-groupes le 25 janvier. Une avancée, selon les syndicats étudiants, qui déplorent toutefois l'absence de mesures d'urgence. 

"On a des mesures positives mais on est largement en dessous des attentes des étudiants qui sont dans une situation désastreuse", a estimé Mélanie Luce, présidente du syndicat étudiant Unef, à l'issue d'une rencontre avec le chef du gouvernement. "De très nombreux étudiants n'arrivent plus à manger à leur faim car ils n'ont plus assez d'argent car ils n'ont plus de petits jobs. Il faut des mesures d'urgence, avec de l'argent sur la table comme cela a pu être fait pour venir en aide aux entreprises", a-t-elle ajouté.

Même constat de "frustration" pour Paul Mayaux, président de la Fage. "Nous attendions beaucoup de ce rendez-vous sur l'accompagnement social des étudiants face à leur précarité et il n'en est rien. Il y a des pistes de travail évoquées mais il faut accélérer", a-t-il jugé. 

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