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Covid-19 : faut-il vacciner les enfants ?




Covid-19 : faut-il vacciner les enfants ?©©ARIANA DREHSLER / AFP

, publié le dimanche 17 janvier 2021 à 07h00

Alors que les enfants ne sont pas prioritaires dans la campagne de vaccination, le professeur Alain Fischer,  le "Monsieur vaccin" du gouvernement, explique samedi 16 janvier dans les colonnes du Parisien que les nouveaux variants "pourraient nous conduire à faire évoluer la stratégie". 

Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 va s'accélérer lundi, avec l'élargissement aux personnes de plus de 75 ans ne vivant pas en Ehpad, ainsi qu'aux personnes présentant des pathologies à haut risque (insuffisances rénales chroniques, cancer sous traitement...), soit près de six millions de personnes, la question de la vaccination des enfants commencent à se poser. 


En effet, actuellement les moins de 18 ans ne sont pas concernés par la vaccination. Du moins, pour le moment."En raison de la faible inclusion (voire de l'exclusion) des femmes enceintes et des moins de 18 ans dans les essais cliniques en cours, la vaccination de ces populations n'est pas priorisée, à ce stade", explique la Haute autorité de santé (HAS) française dans ses recommandations publiées en ligne le 30 novembre. 

Si les enfants sont considérés comme faibles vecteurs de la propagation du Covid-19, qui semblent par ailleurs moins les affecter, le variant anglais, particulièrement contagieux, pourrait changer la donne.

Ces derniers temps, les contaminations des enfants est en hausse, avec +73% d'actes médicaux pour suspicions de Covid-19 chez les moins de 15 ans la semaine du 4 au 10 janvier par rapport à la semaine précédente, soit +116 actes, dont 104 chez les 5-14 ans, selon Santé publique France. Un sujet qui inquiète l'agence sanitaire, qui a assuré vendredi surveiller particulièrement cette donnée. 

La situation anglais scrutée de près

"Ce qu'on sait à date, c'est que le virus paraît plus contagieux effectivement chez les enfants. C'est ce qu'on voit en Angleterre. Sans que l'on ait plus de cas graves, en tous cas proportionnellement", a indiqué jeudi 14 janvier le ministre de la Santé Olivier Véran, en annonçant un protocole visant à tester jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois. 

Dans ce contexte, le professeur Alain Fischer, le Monsieur vaccin" du gouvernement, assure que la stratégie vaccinale du gouvernement n'est pas figée. "Les nouveaux variants pourraient, par exemple, nous conduire à faire évoluer la stratégie. Peut-être un jour faudra-t-il vacciner les enfants", explique-t-il samedi 16 janvier dans Le Parisien. "En Grande-Bretagne, on cherche à savoir si leur taux d'infection plus important est lié à ce variant. Si cela se confirme et que les enfants transmettent le virus, la question se posera", insiste-t-il. 

Néanmoins, il faudra d'abord répondre à la question logistique que pose le nombre limité de doses. "Il y a 4 millions de personnes à risque. Mais la disponibilité des doses ne nous permet pas de toutes les inclure, dès à présent", précise M. Fischer, en expliquant "on s'adaptera aux stocks disponibles". Un sujet particulièrement brûlant, alors que le laboratoire Pfizer a annoncé vendredi que les livraisons de son vaccin aurait du retard en Europe. 

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