La question du jour :

Confinement : faut-il resserrer la vis avant Noël ?




Confinement : faut-il resserrer la vis avant Noël ?©JOEL SAGET / AFP

, publié le jeudi 12 novembre 2020 à 07h00

Le Premier ministre Jean Castex s'adresse aux Français après un Conseil de défense lors d'une conférence de presse ce jeudi 12 novembre à 18h, moins de 15 jours après la mise en place du confinement.

Ce jeudi 12 novembre, un Conseil de défense se tient à l'Elysée, suivi d'une conférence de presse à 18h du Premier ministre Jean Castex. Fin octobre, Emmanuel Macron avait donné rendez-vous "d'ici 15 jours", promettant que "nous pourrons espérer ouvrir certains commerces", mais uniquement si "nous maîtrisons mieux la situation."


Rouvriront totalement, partiellement, pas du tout ? Le ministère de l'Economie, qui n'était pas favorable à la fermeture des commerces, s'est borné à indiquer qu'il n'y aura "pas de réponse avant jeudi", et que la décision de rouvrir ou non les commerces et rayons dits "non essentiels" "sera prise en conseil de défense" le même jour.

Marc Fesneau, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, a d'ores et déjà écarté mercredi leur réouverture "à ce stade".

Voilà bientôt quinze jours que le gouvernement a décidé, pour tenter d'endiguer la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, de contraindre à la fermeture tous les commerces ne vendant pas de produits jugés essentiels pour la poursuite de l'activité économique, nécessaires pour le transport, le télétravail ou encore l'alimentation des Français.

Seule concession : la livraison et le retrait de commandes (le fameux "click and collect") restent permis pour l'ensemble des magasins, y compris ceux frappés de fermeture administrative, librairies, magasins d'habillement, de fleurs ou de jouets.

Des boutiques déjà fragilisées par le premier confinement

Mais ces "mesures alternatives" ne "seront pas satisfaisantes pour un très grand nombre d'enseignes", a alerté dès lundi l'Alliance du commerce, une association de fédérations professionnelles, notamment de l'habillement. Quant au cabinet NPD Group, il a estimé que, si les magasins spécialisés et les rayons jouets des grandes surfaces devaient rester fermés avant les fêtes de fin d'année, le secteur subirait "un manque à gagner de 770 millions d'euros".

Pour toutes les boutiques concernées, déjà fragilisées par le premier confinement et par une succession de mouvements sociaux ces dernières années, il n'y a donc qu'un seul mot d'ordre, à l'approche de cette période cruciale des courses de fin d'année : rouvrir le plus vite possible.

Les commerces plaident pour la réouverture auprès du gouvernement

Jouant la carte sanitaire, la fédération des magasins de jouets (FCJPE) s'est adressée mercredi à Jean Castex en arguant qu'une réouverture dès le 13 novembre permettrait d'éviter de "doubler la fréquentation entre le 1er et le 24 décembre".

La semaine dernière, une vingtaine de fédérations professionnelles du secteur, de la maroquinerie à la lingerie en passant par l'ameublement, avaient déjà "solennellement" demandé au gouvernement de rouvrir "tous les commerces dès le 13 novembre". Pour le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, la "bonne solution, c'est de rouvrir tous les commerces le plus rapidement possible", quitte à ce que la réouverture s'accompagne de mesures sanitaires plus strictes, a-t-il dit au Monde.

"On ne peut pas se permettre de passer décembre ou Noël sans ouverture. L'extrême limite (pour rouvrir), c'est vraiment le 1er décembre", a-t-il par ailleurs déclaré à l'AFP. Car "les entrepreneurs ont besoin d'anticiper" et les Français, "de savoir s'ils vont pouvoir faire leurs courses ou pas (...) Sinon, ils vont tous aller sur internet". Même les grands distributeurs, contraints dans un souci d'"équité" à fermer les rayons où sont vendus les produits jugés "non essentiels", ont réclamé la réouverture rapide de tous les commerces.

La situation reste "très grave"

Mais la situation sanitaire est-elle "mieux maîtrisée", ce qui était une condition pour espérer une évolution? "A chaque fois que l'on se déplace, on multiplie les possibilités de contamination et donc on multiplie les possibilités d'expansion du virus", a martelé mercredi Marc Fesneau.

Dimanche, le ministre de la Santé Olivier Véran n'avait vu qu'un "frémissement" et "une forme de ralentissement" dans la progression de l'épidémie. Il est encore "très tôt pour proposer un assouplissement des règles" du confinement, a aussi averti mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, soulignant que la situation restait "très grave".

Mais le gouvernement marche sur des œufs, entre prudence sanitaire et demandes pressantes des acteurs économiques. "Si en décembre, les commerces non alimentaires sont fermés, il sera difficile de maîtriser ce que l'on voit monter", avertit Geoffroy Roux de Bézieux, évoquant une "profonde colère", en plus d'un "tsunami économique".

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