La question du jour :

Télétravail : faut-il sanctionner les entreprises qui ne jouent pas le jeu ?




Télétravail : faut-il sanctionner les entreprises qui ne jouent pas le jeu ?
Une salariée en télétravail à Nice le 15 mai.

, publié le samedi 07 novembre 2020 à 07h00

La ministre du Travail Elisabeth Borne a rappelé vendredi le caractère "indispensable" du télétravail pour les activités qui le permettent, au vu de l'épidémie "très brutale" de Covid-19.

"Le télétravail n'est pas une option", a répété Elisabeth Borne depuis la mise en place du reconfinement la semaine dernière. En déplacement dans le quartier d'affaires de la Défense (Hauts-de-Seine) vendredi 6 novembre, la ministre du Travail a de nouveau insisté sur la nécessité de privilégier autant que possible le télétravail. "C'est quelque chose d'absolument indispensable alors qu'on voit que l'épidémie est encore très brutale", a-t-elle expliqué.




Depuis une semaine, la nouvelle version du protocole national en entreprise prévoit que "100% des tâches télétravaillables doivent être télétravaillées", a-t-elle rappelé, des règles qui semblent appliquées avec moins d'entrain depuis le nouveau confinement.

"J'ai passé ma semaine à appeler des dirigeants d'entreprises, des DRH, pour leur dire que même si (...) les salariés ne souhaitent pas majoritairement repasser à 100% en télétravail, il faut le faire", a ajouté la ministre, plaidant qu'il faut trouver "le bon équilibre" entre poursuivre l'activité économique et "casser la dynamique de l'épidémie".

"C'était important pendant cette semaine de sensibiliser" et ensuite "si jamais certaines entreprises n'ont pas compris, on sera dans notre rôle de conseiller, d'accompagner, mais aussi de contrôler et si ça ne va pas, de mettre en demeure et d'avoir des sanctions", a averti la ministre. "On fait d'abord confiance" au dialogue social et "si certains ne comprennent pas, on sera amené à faire des sanctions", a-t-elle insisté. Le ministère a commandé un sondage pour mesurer l'état réel du recours au télétravail, dont les résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Engie, BNP Paribas et Total, bons élèves

Au siège de BNP Paribas dans le quartier de l'Opéra à Paris dans la matinée, la ministre a visité un immense open-space quasiment vide, la direction indiquant n'avoir "jamais fait revenir tous les salariés" depuis la première vague. Dans une agence bancaire, "service essentiel" selon la direction, 6 salariés sur 9 étaient en revanche présents, avec un protocole sanitaire strict.

La ministre s'est ensuite rendue au siège d'Engie, accueillant en temps normal 4.000 personnes. Ils n'étaient que 80 vendredi, soit 2%, contre environ "2.000 avant le second confinement", selon l'entreprise. Celle-ci a expliqué avoir choisi de laisser "des soupapes" pour les personnes ayant des raisons personnelles de venir, car "trop seules ou dans des appartements trop petits", ou ayant des activités nécessitant d'être sur place (dépannage informatique, service courrier...). Enfin, chez Total, la direction a fait état de 8% de personnes présentes vendredi dans les quatre sites du groupe du quartier d'affaires, et 20% en moyenne sur la semaine.

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