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Commerces, couvre-feu : le gouvernement manque-t-il de clarté ?




Commerces, couvre-feu : le gouvernement manque-t-il de clarté ?
Le ministre de la Santé Olivier Véran et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le 21 octobre à Paris.

, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 07h00

Après la polémique et les volte-face sur les commerces, le gouvernement a connu un nouveau couac avec l'annonce, aussitôt démentie, de l'imposition d'un couvre-feu à Paris.

Evoquant le nombre de PV dressés pour infraction au confinement (14.000 sur 100.000 contrôles depuis vendredi à travers le pays) le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, invité de la matinale de BFMTV/RMC mardi, a annoncé qu'"au regard de ces situations, nous allons réinstaurer un couvre-feu sur Paris et peut-être l'Ile-de-France".




Patatras, l'annonce est démentie quelques minutes plus tard par Matignon, qui assure qu'une telle mesure n'est "absolument pas décidée à ce stade". "Le préfet de police a évoqué cette mesure au regard de certaines situations observées en soirée à Paris", comme des regroupements devant des restaurants faisant de la livraison, mais elle n'est "pas décidée à ce stade", a assuré Matignon à l'AFP, le choix devant intervenir "dans les prochains jours".

Selon un conseiller de l'exécutif, la mesure a bien été discutée lundi lors d'une réunion de la "task force Covid" rassemblant une dizaine de ministres. Vu les chiffres "catastrophiques" de l'épidémie en région parisienne - une hospitalisation toutes les 15 minutes dans la capitale - elle a été largement soutenue, mais pas actée, d'autant que les discussions n'avaient pas commencé avec la municipalité ou la région.

Il faut dire que l'annonce est explosive, alors que le Premier ministre Jean Castex a assuré vouloir coopérer avec les élus locaux, qui se sont souvent plaints de restrictions imposées sans concertation par l'exécutif. 

La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, tout en montant en première ligne contre la fermeture de certains commerces, les librairies notamment, s'est cependant refusée à rejoindre la fronde de dizaines d'élus locaux qui ont pris de façon unilatérale des arrêtés autorisant leur réouverture.

Ce nouveau cafouillage a été raillé par les oppositions, d'autant que Gabriel Attal et le ministre de la Santé Olivier Véran ont tous deux assuré mardi que les premières indications montraient plutôt un respect global du confinement.

En parallèle, le gouvernement espère éteindre une autre polémique, en publiant mardi, après des jours de valse-hésitation, un décret (qui précise lui-même un précédent décret) sur les produits pouvant être vendus en grande surface. S'y ajoutent donc notamment les "produits de toilette, d'hygiène, d'entretien et de puériculture".

Face à la grogne, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé dimanche qu'au nom de l'"équité" et de la sécurité sanitaire, le gouvernement avait décidé de fermer les rayons de produits "non essentiels" dans les grandes surfaces, plutôt que d'autoriser les petits commerces à rouvrir. Décision qui n'a satisfait ni les petit commerçants, ni la grande distribution. 

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