La question du jour :

Faut-il mieux encadrer les messages de haine sur les réseaux sociaux ?




Faut-il mieux encadrer les messages de haine sur les réseaux sociaux ?
Le Premier ministre Jean Castex, mardi 20 octobre à l'Assemblée.

, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 07h00

Après le meurtre de Samuel Paty, pris pour cible sur internet avant de mourir décapité par un jeune Russe tchétchène radicalisé, le gouvernement cherche comment lutter contre la haine en ligne. 

Ce professeur d'histoire-géographie dans un collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) avait montré deux caricatures de Mahomet lors d'un cours d'instruction civique sur la liberté d'expression. A la suite de cela, il est devenu la cible d'attaques sur les réseaux sociaux, avant d'être tué par un jeune Russe tchétchène radicalisé




Le Premier ministre Jean Castex a affirmé, mardi 20 octobre, vouloir "reprendre le sujet" de la haine en ligne en créant un "délit de mise en danger par la publication de données personnelles" sur internet. "Nous ne pouvons plus nous résoudre à assister passivement au déchaînement de la haine sur les réseaux sociaux", a-t-il affirmé lors de la séance de questions au gouvernement.

"C'est bien parce qu'il a été désigné par les réseaux sociaux que Samuel Paty a été assassiné"

La majorité avait tenté de s'attaquer à cette question à travers une proposition de loi de la députée LREM Laetitia Avia, en grande partie retoquée par le Conseil constitutionnel. "La censure du Conseil constitutionnel doit nous amener à reprendre ce sujet sous une autre forme, qui devra créer un délit de mise en danger par la publication de données personnelles", a poursuivi Jean Castex, estimant que "c'est bien parce qu'il a été désigné par les réseaux sociaux que Samuel Paty a été assassiné".

Les enseignants du collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine ont d'ailleurs exprimé, mardi dans un communiqué, leur "vive inquiétude face à l'impact des réseaux sociaux" après l'assassinat de leur collègue.

"Nous payons aussi le prix d'un relâchement"

Interpellé par plusieurs présidents de groupes parlementaires - Patrick Mignola (MoDem), Valérie Rabault (PS), Damien Abad (LR), Christophe Castaner (LREM), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et André Chassaigne (PCF) - après la décapitation de l'enseignant, Jean Castex a dénoncé "toute ambiguïté" envers l'islamisme radical, qui reviendrait à "un début de renoncement". 

L'"ennemi c'est l'islamisme radical, c'est une menace permanente, une menace qui peut venir de l'extérieur, mais qui peut aussi, je le dis sans détour, recruter ces tueurs parmi nos propres compatriotes", a-t-il souligné. "Nous payons aussi le prix d'un relâchement, mais aujourd'hui, l'heure est à l'action", a insisté Jean Castex en érigeant en "priorité" la "protection des personnels de l'Éducation nationale".

"Vous êtes dans l'incantation, nous sommes dans l'action"

Le Premier ministre a aussi assuré vouloir "donner des moyens supplémentaires au ministère de l'Intérieur", sans plus de précisions. "Nos services de renseignement qui sont en première ligne sur ce sujet ont été confortés, réorganisés, comme jamais ils ne le furent, et nous allons passer la vitesse supérieure", a ajouté le chef du gouvernement qui a dit vouloir "affecter sans délai des renforts aux services chargés de surveiller sur les réseaux sociaux l'islamisme radical".

Il a par ailleurs raillé la proposition des Républicains de modifier la Constitution, comme cela a été voté lundi au Sénat, afin notamment d'y inscrire la prééminence des règles de la République. "Voilà une disposition qui va être rapide, efficace et qui apportera des solutions opérationnelles au sujet", a ironisé Jean Castex avant de lancer au patron des députés LR, Damien Abad : "Vous êtes dans l'incantation, nous sommes dans l'action". 
 

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