La question du jour :

Faut-il enseigner différemment la laïcité à l'école ?




Faut-il enseigner différemment la laïcité à l'école ?
L'exposition "Le rire de Cabu" à l'Hôtel de ville de Paris, le 8 octobre 2020

, publié le dimanche 18 octobre 2020 à 07h00

Après l'effroi provoqué par la décapitation d'un professeur, le monde enseignant veut se mobiliser pour répondre dans les classes, dès la rentrée, à l'acte "ignoble et lâche" dénoncé par Jean-Michel Blanquer, en défendant les valeurs de laïcité et la liberté d'expression.

L'Elysée l'a déjà annoncé, un "hommage national" sera rendu à Samuel Paty, l'enseignant assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Sans l'attendre, des centaines de personnes se sont déjà réunies samedi à Rennes ou Nice et plusieurs associations et organisations syndicales ont appelé à des rassemblements dimanche à Paris et en province.


En réaction à l'attentat, un "cadrage national strict, puissant et fort"

Le ministre a de son côté indiqué samedi qu'il préparerait, en lien avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice, les organisations d'enseignants et de parents d'élèves, un "cadrage national strict, puissant et fort" pour aborder cet attentat avec les élèves à la rentrée des vacances de la Toussaint, le 2 novembre.
Une minute de silence devrait notamment être prévue. 

Mais Jean-Michel Blanquer entend aussi porter un message d'"unité" et de "fierté des valeurs de la République : la liberté, l'égalité, la fraternité ainsi que la laïcité".

Dans un message vidéo à "tous les professeurs de France", il a déclaré que l'enseignant "a été assassiné pour avoir donné un cours qui avait un lien avec un pilier de la démocratie: la liberté d'expression (...) C'est une attaque contre la République", a-t-il insisté.

La question de la liberté d'expression est au cœur des programmes d'éducation morale et civique (EMC). Les liens avec les programmes d'histoire, notamment celui de 4e, sont nombreux.

Dans ce cadre, "un professeur est en droit de montrer des caricatures d'autant plus si ça s'accompagne d'un travail pédagogique", a insisté M. Blanquer.

Particulièrement choqués par l'assassinat du professeur, les syndicats enseignants ont tous exprimé leur émotion après une telle "horreur". Reçus samedi matin par Jean-Michel Blanquer en présence du Premier ministre Jean-Castex, ils ont unanimement salué l'appel du gouvernement à l'"unité".

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.