La question du jour :

Faut-il détailler les conditions de libération de Sophie Pétronin ?




Faut-il détailler les conditions de libération de Sophie Pétronin ?
Sophie Pétronin et son fils, le 8 octobre 2020 à Bamako.

, publié le dimanche 11 octobre 2020 à 07h00

La libération de la Française a coïncidé avec la remise en liberté entre dimanche et mardi de plusieurs dizaines de prisonniers que des responsables maliens, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, ont présenté comme des jihadistes.

Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a été libérée jeudi soir 8 octobre après près de quatre ans de détention au Mali. Elle a été accueillie vendredi midi à l'aéroport de Villacoublay (Yvelines) par le président Emmanuel MacronSa libération et celle d'autres otages parachève une opération dont la genèse, le déroulement mais aussi les implications pour le gouvernement de transition au Mali sont entourés de vastes zones d'ombre. Elle a coïncidé avec la remise en liberté entre dimanche et mardi de plusieurs dizaines de prisonniers que des responsables maliens, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, ont présenté comme des jihadistes, mais dont l'identité et le profil n'ont pas été divulgués.


Ce qui n'a pas manqué de faire réagir Marine Le Pen, qui a demandé vendredi l'exécutif informe les partis politiques et les parlementaires des "conditions" de la libération de la Bordelaise de 75 ans. "Je me réjouis quand une Française, qui a été enlevée et est restée en détention près de quatre ans, est libérée", a déclaré la présidente du Rassemblement national lors d'une conférence de presse sur l'immigration au siège de son parti à Nanterre. Mais "le gouvernement ou même le président de la République s'honoreraient à informer les présidents de partis et les présidents de groupes à l'Assemblée nationale et au Sénat des conditions qui ont présidé à cette libération", a ajouté la candidate à la présidentielle.

"Les échos que nous avons eus, qui évoqueraient non pas quelques dizaines, mais semble-t-il quelques centaines, d'islamistes qui auraient été libérés en contrepartie, dont des jihadistes, (ne sont) évidemment pas pour nous rassurer quand on est attaché à la sécurité de notre pays", a ajouté la dirigeante d'extrême droite.

"Nos soldats combattent au Mali depuis de longues années. Certains de leurs camarades sont morts au combat. Jamais on ne devrait transiger avec l'islamisme et permettre la libération de djihadistes, au risque d'exposer plus encore nos Armées déjà durement éprouvées", a-t-elle tweeté ensuite. 

Sophie Pétronin avait été enlevée le 24 décembre 2016 à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance. Elle a été libérée en même temps que deux Italiens, dont un prêtre, ainsi que l'homme politique malien Soumaïla Cissé.
 

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